La Pige à Tours | Devenir journaliste, un rêve complexe en France

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Les intervenants étaient sur place pour discuter des différents enjeux liés aux études en journalisme.
Photo : Arianne Béland

Les aspirants journalistes qui œuvrent dans la belle province accèdent aux programmes d’éducation avec une plus grande facilité que leurs cousins français. Depuis des décennies, les écoles de journalisme en France imposent des processus de sélection vigoureux et dispendieux, ce qui ferme la porte à plusieurs jeunes motivés et, par conséquent, l’ouvre à une classe supérieure.

Dans la plupart des cas, les étudiants souhaitant pratiquer cette profession se voient confronter à des concours. Des dossiers, tests écrits et entretiens sont obligatoires dans le processus d’admission de façon à indiquer le niveau de connaissances des candidats. «Ce ne sont que des barrières imposées aux jeunes qui rêvent de ce métier», affirme la responsable pédagogique et journaliste à l’IPJ Paris-Dauphine, Pascale Colisson, lors de l’atelier «Étudiants en journalisme, tous les mêmes?» aux Assises internationales du journalisme de Tours.

Au final, ce sont des jeunes issus de la classe supérieure qui sont admis dans les écoles spécialisées puisqu’ils sont les seuls à en avoir les moyens financiers. Le mélange des classes socioculturelles est donc délaissé, ce qui engendre une mauvaise représentation de la population dans les médias de la France. «Les journalistes doivent ressembler davantage à la société et ils doivent être sensibles à sa diversité, d’où l’importance d’accepter des personnalités atypiques dans les écoles de journalisme», affirme le rédacteur en chef du service Monde à l’Express et président de La Chance pour la diversité dans les médias, Marc Epstein.

Les exigences en termes de compétences représentent une autre problématique importante. «On dit que ça prend des individus qui possèdent déjà des connaissances pour accéder aux programmes. Pourquoi on ne leur apprend pas tout ça dans les écoles de journalisme au lieu de l’imposer dès le début? C’est à ça que ça sert une école : apprendre. Ça me choque », avoue la journaliste pour Streetpress, Ines Belgacem.

Cette suggestion a d’ailleurs été appliquée au Québec. «Notre programme prévoit des classes pour enrichir la culture de nos étudiants, des cours portant sur l’histoire internationale sont à l’horaire des jeunes par exemple, explique l’enseignante en Techniques de communication dans les médias au Cégep de Jonquière, Katerine Belley-Murray, «Nos processus d’admission sont d’ailleurs basés sur les résultats scolaires des étudiants. Une chance est également offerte à ceux qui n’obtiennent pas les notes nécessaires puisque la sélection peut également se faire par portfolio.»

 

 

 

 

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