Budget provincial à venir : la classe moyenne désespérée

Avec l’augmentation du prix de l’essence, des factures d’épiceries et d’électricité, la classe moyenne écope des différentes situations (conflit en Ukraine, inflation, etc.) sans recevoir aucune aide financière.

À quelques jours du dépôt du budget provincial, des travailleurs de la classe moyenne dénoncent le manque de soutien financier de la part du gouvernement, notamment en cette période de forte croissance économique où les prix atteignent des sommets. Ces gens se disent « oubliés » depuis la période pandémique.

« Tout le monde a reçu de l’argent pendant la pandémie sauf qui ? La classe moyenne. » Helen Villeneuve est propriétaire d’une maison à Saint-Honoré et vit seule. À 43 ans, cette femme qui oeuvre dans le domaine de la santé ne comprend pas la logique derrière ces aides monétaires allouées à près de 40 % des Québécois en 2020, selon Statistique Canada.

« Je n’obtiens jamais rien, je suis dans la classe moyenne. […] Pendant “loto-Trudeau”, il y avait toujours des personnes qui héritaient de quelque chose chaque semaine. Déjà que je ne comprenais pas pourquoi il y avait autant d’aides financières accordées à autant de personnes, en plus, je n’avais pas le droit aux mêmes bénéfices que les autres », déplore-t-elle.

Mme Villeneuve a touché un revenu annuel de 60 000 $ avant impôts (brut) en 2021, en considérant le temps supplémentaire et les primes touchées en CHSLD. Le salaire médian au Canada est évalué à 62 900 $.

Cette « loto-Trudeau » a fonctionné à plein régime pendant la pandémie : Prestation canadienne d’urgence (PCU), Prestation canadienne de la relance économique (PCRE), Prestation canadienne pour les travailleurs en cas de confinement (PCTCC) et plusieurs autres s’ajoutent à une longue liste. Entre mars et octobre 2020, le gouvernement fédéral a donné près de 81 milliards $, par le biais de la PCU, à 8,9 millions de Canadiens. Des aides nécessaires, mais « injustes » selon la Saint-Honoroise.

« On n’a le droit à rien. Avec le salaire que je gagne, je n’ai pas le droit à des crédits de taxes (TPS/TVQ). Pourtant, j’en paye quand j’achète des choses. Je gagnais presque moins que les gens qui étaient sur la PCU avec toutes les déductions et les avantages qu’ils ont eus », déplore quant à elle une femme qui travaille chez Service Canada et qui désire garder l’anonymat.

Au Québec, la classe moyenne est définie selon une marge fiscale très large – entre 29 600 $ à 79 000 $ pour les personnes seules ou entre 80 000 $ à 160 000 $ avant impôts pour un couple avec deux enfants – et représente 43 % des Québécois, selon une étude réalisée par l’Observatoire québécois des inégalités en 2019, La classe moyenne québécoise : en meilleure santé que celle du reste du Canada.

La classe politique réagit

En vue du budget provincial qui sera proposé le 22 mars, la Coalition avenir Québec devra adapter son exercice financier pour cette classe qui représente une bonne partie de son électorat, selon l’opposition officielle.

Les libéraux soutiennent ces Québécois laissés à eux-mêmes, comme l’explique la porte-parole officielle en matière d’emploi, Isabelle Melançon. « On voit qu’il y a des besoins. Pas uniquement pour les gens les plus démunis, mais maintenant pour la classe moyenne qui semble s’élargir en raison du cout de la vie. »

Le ministre des Finances Éric Girard a refusé notre demande d’entrevue.

À propos de Marc-Antoine Le Moignan

Originaire de Varennes, sur la Rive-Sud de Montréal, ce garçon a pris la direction de Rimouski à l’âge de 11 ans. Sportif depuis son plus jeune âge, Marc-Antoine a toujours rêvé de devenir commentateur sportif. À l’école secondaire, il a notamment été chroniqueur dans le volet sportif pendant ses cinq années. Visant toujours l’excellence, Marc-Antoine a pu rencontrer son premier défi dans le milieu des médias en tant que co-animateur à la radio au CFYX 93,3 à Rimouski l'été dernier. Ce jeune homme brillant espère poursuivre ses études en droit à l’université, mais n’a toujours pas la vérité absolue concernant son futur à moyen terme. Pleins d’ambitions et d’aspirations, il rêve d'œuvrer dans le domaine des médias.

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