Les oubliés du milieu culturel

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L’accessibilité est trop souvent tenue pour acquise, comme si elle allait de soi, comme si elle était universellement reconnue. Pourtant, encore aujourd’hui au Québec, le milieu culturel demeure un espace hostile aux personnes en situation de handicap.

Pour qu’une activité soit définie comme accessible, il existe trois éléments clés : il faut être en mesure de venir dans l’espace culturel, de comprendre ce qui nous est présenté et de vivre l’activité culturelle en y participant à pleines capacités et au même titre que les personnes n’ayant pas de limitation

Des obstacles au quotidien

Sachant cela, il est évident que le milieu culturel québécois n’est pas réellement accessible aux personnes handicapées. Lorsque qu’une personne est en fauteuil roulant, des sections dans les salles de spectacles lui sont réservées. Bien que la majorité des salles soient accessibles en théorie, se retrouver à un endroit où notre vue est totalement obstruée par ceux qui se trouvent devant nous n’est pas ce que l’on peut considérer comme étant un lieu accessible.

Pour les personnes en situation de handicap, le manque d’accessibilité représente une charge énorme. Cette réalité impose des choix et des réflexions qui poussent souvent à faire une croix sur la participation à la vie culturelle. Il est clair que la culture représente pour environ 15% de la population, un privilège et non un droit.

Même si les lieux paraissent accessibles aux yeux de tous, un simple seuil de porte ou une porte lourde peuvent être un obstacle. La personne handicapée n’a pas droit à l’erreur, elle doit tout anticiper et tout prévoir. Cette réalité pousse à faire des choix et souvent elle prend la décision de ne pas participer à la vie culturelle. Tout ça parce qu’elle n’a pas l’énergie de se battre ou n’a pas envie d’être mise de côté.

Une responsabilité collective

Il est clair qu’il reste énormément de travail à faire pour considérer notre milieu culturel québécois accessible, mais des initiatives comme celles de Kéroul, un organisme qui répertorie les lieux culturels en les classant selon leurs accessibilités facilitent la vie des personnes à mobilité réduite.

Évidemment, il ne faut pas blâmer les tenanciers et les artistes ou le gouvernement. Pour faire briller la culture auprès des personnes en situation de handicap, nous devons faire équipe pour sensibiliser, éduquer et soutenir ceux qui veulent rendre le Québec un peu plus accessible et inclusif.

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