Le Bloc réclame un moratoire sur les restrictions aux travailleurs étrangers temporaires

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À un mois des élections fédérales, le Bloc Québécois alerte sur l’impact des nouvelles restrictions fédérales aux travailleurs étrangers temporaires.

Lors d’une conférence de presse tenue ce matin à Chicoutimi, les candidats Mario Simard, Alexis Brunelle-Duceppe et Marc Saint-Hilaire, accompagnés de l’organisme Alliage 02, ont interpellé les partis fédéraux sur les conséquences pour les PME et le secteur manufacturier.

Une menace pour l’économie manufacturière

Selon les bloquistes, le secteur manufacturier et les PME sont négligés par Ottawa. « C’est le gouvernement fédéral qui centralise. C’est sa façon d’agir. On est supposé vivre dans une confédération, mais en fait, on travaille dans une fédération », selon Alexis Brunelle-Duceppe. Il ajoute : « Le gouvernement fédéral en laisse très peu au Québec et aux provinces. »

 

« Il faut consulter tous les participants pour voir ce qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas » selon Alexis Brunelle-Duceppe. (Photo : Émil Lavoie)

Les candidats dénoncent donc l’uniformisation des politiques fédérales sans prendre en compte des réalités régionales. « La réalité de Montréal, ce n’est pas celle de Saint-Nazaire, d’Alma ou de Saguenay », souligne Alexis Brunelle-Duceppe.

Une demande de moratoire de trois ans

Le Bloc Québécois exige donc un moratoire de trois ans pour négocier ces nouvelles restrictions. Pour rappel, ces mesures sont en application depuis le 8 novembre 2024. Elles concernent principalement les employeurs qui ne peuvent recruter plus de 10 % de leur effectif dans le cadre du volet bas salaires du programme.

« Mais nous, on va continuer à se battre », assure Alexis Brunelle-Duceppe. « On a fait nos devoirs, on arrive, on a analysé la situation, on arrive avec cette proposition-là. »

Pour Mario Simard, « On est tous conscients que le Québec en a reçu trop pour sa capacité d’accueil, que ça crée une pression sur nos services publics. On ne fait plus la distinction entre un travail étranger temporaire d’une part et des migrants qui viennent demander l’asile d’autre part. On mélange tout ça et on arrive à la fin avec des mesures qui sont trop strictes, pas adaptées. »

Selon le directeur général du Groupe Proco à Saint-Nazaire, Jean-Denis Toupin, épargner le secteur manufacturier des restrictions est essentiel à la prospérité du Québec. « Le milieu manufacturier et ceux qui créent de la valeur devraient être épargnés de ces nouvelles restrictions-là pour avoir un Québec et un Canada forts, puis pour être capables d’affronter une éventuelle guerre commerciale avec nos voisins du Sud ».

 

Selon Jean-Denis Toupin, la majorité des travailleurs étrangers temporaires de l’entreprise Proco sont mexicains. (Photo : Émil Lavoie)

Proco en danger

Monsieur Toupin s’inquiète également pour l’avenir de son entreprise : « Chez nous, par exemple, on a 95 soudeurs, la moitié de ces gens-là sont des travailleurs étrangers temporaires. Si on se débarrasse, contre notre gré, de ces travailleurs spécialisés, c’est toute notre entreprise qui est en danger. »

Il alerte sur l’effet domino que cela entraînerait : « Ce ne sont pas juste ces emplois-là qui vont être touchés. Si on perd la moitié de notre capacité manufacturière, on ne sait pas exactement ce qu’on va pouvoir faire de nos 400 autres employés, qui sont des employés canadiens.»

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