Politique municipale : les Saguenéens restent ouverts d’esprit

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Les élections municipales auront lieu le 2 novembre prochain dans toutes les municipalités du Québec. (Photo : La Pige)  

Les États-Unis, la France et même le Canada sont des exemples de la tendance de polarisation politique qui émerge depuis quelque temps sur la scène internationale. Il est de plus en plus compliqué de débattre des idées entre individus avec des convictions divergentes et être nuancé est presque impensable. Quant au contexte politique de Saguenay, il n’existe pas de consensus entre les acteurs de la région.

La physionomie de la politique municipale de la ville de Saguenay reste plutôt ouverte. Selon le conseiller municipal sortant Jimmy Bouchard, la discussion entre les élus et les citoyens reste excellente malgré les désaccords. « Évidemment, on ne donne pas toujours les réponses que les gens veulent, mais ça s’est toujours fait dans le respect […] oui cette tendance-là on la sent, je la vois bien au niveau des idéologies politiques à d’autres paliers du gouvernement, mais au municipal, j’ai l’impression que c’est un peu moins pire. »

 Même si elle ne vient pas des citoyens, la polarisation politique est bel et bien présente dans le système politique de la ville de Saguenay. Jimmy Bouchard affirme que là où c’est le plus dur de débattre, c’est pendant le mandat municipal et entre les différents élus. « Cette polarisation-là et ce refus de débattre, je l’ai beaucoup plus senti avec des collègues qu’avec des citoyens. »

Reste à voir quel impact le contexte politique actuel aura sur les élections municipales à venir. Pour M. Bouchard, les élections qui arrivent auront un effet positif puisque le contexte est idéal pour forcer les gens à débattre et à partager leurs idées. « En campagne électorale, ce n’est pas tant un problème, c’est le moment pour débattre des idées, c’est le moment pour discuter avec les candidats. Moi là où j’ai vu qu’il y avait une différence et j’ai trouvé que c’était le plus difficile, c’est pendant le mandat. »

14 des 16 élus de Saguenay en poste depuis 2021 ne sont pas rattachés à un parti politique. (Photo : La Pige)

De son côté, le conseiller sortant du district 4 de Jonquière, Kevin Armstrong, a vu une évolution à travers ses années de travail comme élu. Il associe beaucoup ce changement de culture à la montée du cynisme. « Ce n’est pas propre aux citoyens ni aux élus, je pense que c’est très contextuel. […] Le contexte rend les gens plus polarisables, mais surtout, ce que ça amène, c’est du cynisme. »

Plus qu’un unique changement des différentes individualités des citoyens, il explique cette évolution par un contexte sociétal qui influence les gens. « Il y a trois choses qui font en sorte que le contexte est moins propice aux débats. La première des choses, c’est la surcharge d’information créée par les réseaux sociaux. Moi j’ai vu la différence en huit ans. Ça amène une fatigue cognitive générale, les gens sont plus stressés, plus anxieux pour un paquet de raisons. Pour finir, ça peut amener une sorte de démotivation du collectif. L’engagement est plus difficile, mais il y a beaucoup d’enjeux qui, eux, augmentent. »

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