À la découverte des fossiles du Saguenay

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Le trilobite est une des espèces fossiles les plus répandues au Saguenay. Ce petit arthropode marin a peuplé la Terre pendant près de 270 millions d’années. Photo : Thierry Simard 

Trilobites, crinoïdes ou encore graptolites… Non il ne s’agit pas d’une liste de nouveaux médicaments, mais bien d’espèces préhistoriques saguenéennes. Celles-ci, comme plusieurs autres, ont habité la région à une époque où la vie sur Terre en était encore à ses débuts. Environ 440 millions d’années plus tard, des traces de leur passage sont encore visibles dans les roches de la région. 

Au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la majorité des fossiles proviennent de la période de l’Ordovicien. Cette ère, qui se situe entre le Cambrien et le Silurien, s’est déroulée de –488 millions d’années à -443 millions d’années. À l’époque, la terre ferme était encore hostile à la vie, l’entièreté de la faune et de la flore se trouvait donc dans les mers. Malgré l’absence d’espèces terrestres, la diversité était bel et bien au rendez-vous selon l’Almatois Mathieu Tremblay. « Il y avait des poissons qui commençaient à arriver à cette époque, des trilobites, des crinoïdes, des graptolites, des coraux… C’était vraiment varié ».  

Mathieu Tremblay est un passionné de la préhistoire depuis 2020. Après l’achat de son premier fossile il y a cinq ans, il s’est intéressé à la paléontologie. Depuis, il a parcouru la région à la recherche de nouveaux fossiles pour agrandir sa collection. Au fur et à mesure de ses fouilles, M. Tremblay a réussi à localiser les principaux sites régionaux. « Les fossiles de l’Ordovicien se concentrent entre Saint-Félicien et Métabetchouan, sur une bande près du Lac [Saint-Jean] ainsi qu’une section entre Falardeau et Saint-Honoré ».  

À la portée de tous 

Selon Mathieu Tremblay, la recherche de fossiles est relativement facile.  Selon lui, il n’est pas obligatoire d’avoir des outils afin d’en trouver. « On peut y aller aussi simplement qu’en marchant» explique-t-il. Il est également possible d’utiliser de l’équipement plus sophistiqué. « À l’autre extrême, on peut utiliser plusieurs types de marteaux, des barres de force, des gants, des lunettes, etc. » Utiliser des outils plus poussés peut s’avérer très utile dans certaines situations. « Si le spécimen est très rare, il faut que tu t’en occupes pour ne pas l’abimer ». Pour ce qui est des sites favorables aux fouilles, le natif d’Alma privilégie surtout les carrières ou encore les berges du Lac Saint-Jean. 

Des absents de taille 

Mathieu Tremblay partage sa passion des fossiles en organisant des ateliers sur le sujet. Photo : Mathieu Tremblay 

Malgré une grande abondance de fossiles de l’Ordovicien, il est très rare de retrouver des vestiges datant de périodes plus récentes. Par exemple, malgré la découverte de restes de plantes datant du Crétacé à Schefferville, aucun fossile de dinosaures non aviens n’a été retrouvé sur le territoire québécois. 

 Un phénomène qui s’explique facilement selon le professeur au département des sciences fondamentales de l’UQAC, Hubert Morin. Celui-ci indique que le Québec était recouvert par l’énorme glacier Inlandsis laurentidien lors de la dernière ère glaciaire. « Le glacier a fait disparaître les fossiles du Jurassique s’il y en avait, les fossiles du Crétacé, de la grande majorité du Quaternaire, etc ». Pour ce qui est de l’Ordovicien, Hubert Morin explique que les roches de cette période étaient plus loin sous la terre, ce qui les a protégées de l’érosion, notamment dans la région. 

 

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