Vivre au rythme du Canadien de Montréal

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La galerie de presse des journalistes au Centre Bell.

Les journalistes ont un point de vue privilégié pour assister à chacune des 82 rencontres annuelles du Tricolore. (Crédit : Félix-Antoine Turgeon)

Y a-t-il une seule institution qui fait davantage vibrer la province que celle des Canadiens de Montréal ? Si l’équipe fait partie intégrante de la culture québécoise depuis tant d’années, c’est grâce à des journalistes chevronnés qui en couvrent et rapportent les moindres faits et gestes. Bien qu’ils soient partout sur nos écrans, la réalité de ces reporteurs conserve sa part de mystère.

« Couvrir les Canadiens, c’est un peu comme couvrir les Yankees de New York au baseball ou les Cowboys de Dallas au football », résume fièrement Jean-François Chaumont, journaliste affecté au tricolore pour le site de la LNH. Après plus de 15 ans à suivre quotidiennement l’équipe d’octobre à avril, celui qui s’est fait connaître au Journal de Montréal en est toujours aussi passionné.

Un marché pas comme les autres

Son collègue de Réseau des sports (RDS), Luc Gélinas, partage aussi cet enthousiasme malgré ses 33 années d’expérience. Toutefois, il reconnaît que la couverture d’un marché aussi prestigieux que celui de Montréal impose des défis supplémentaires aux journalistes. « Pour l’aspect de l’accès aux joueurs et de l’accès à la nouvelle, c’est beaucoup plus facile avec la majorité des autres équipes. Il y a vraiment les règlements de la ligue et les règlements inventés par le Canadien », déplore-t-il en abordant la règle, unique à travers le circuit, qui interdit aux médias de parler avec le gardien du bleu-blanc-rouge avant une partie.

Jean-François Chaumont explique ces contraintes particulières par l’affluence médiatique montréalaise, supérieure à toutes les autres dans la Ligue nationale de hockey. « C’est le seul marché où tu dois multiplier par deux le nombre de journalistes en raison de la langue. Il y a des journalistes francophones et anglophones pour chaque type de média, que ce soit l’écrit, la radio ou la télé », justifie-t-il.

Les journalistes posent des questions à Ivan Demidov après son premier match.

L’affluence médiatique était particulièrement imposante lors du premier match d’Ivan Demidov dans l’uniforme des Canadiens le 14 avril dernier. (Crédit : Jean-François Chaumont)

Des journées éprouvantes

Dans un tel contexte, le quotidien de ces journalistes est loin d’être de tout repos. Pour Luc Gélinas, le boulot débute dès 6 h 30 avec des chroniques dans plusieurs radios au Québec et se poursuit jusqu’à minuit lors des jours de match. Ces journées rythmées par de nombreux allers-retours entre la patinoire et les vestiaires pour réaliser des entrevues avec les joueurs et les entraîneurs sont décrites comme « un long marathon » par Jean-François Chaumont, qui ajoute dormir à l’extérieur une centaine de nuits par année.

L'entraîneur-chef des Canadiens, Martin St-Louis, répond aux questions des journalistes après une séance d'entraînement.

Lors d’une journée de match, les journalistes assistent à deux points de presse de l’entraîneur-chef du Canadien, Martin St-Louis. (Crédit : Félix-Antoine Turgeon)

De son côté, Luc Gélinas souhaite relativiser en comparant son métier à d’autres emplois considérés plus traditionnels. « Ce n’est pas différent des infirmières qui doivent faire du temps supplémentaire le soir et les fins de semaine. En plus, on a l’avantage que ça soit planifié plusieurs mois à l’avance. On n’est pas des bibittes uniques au monde », rationalise-t-il, conscient de la chance qu’il a d’exercer ce métier.

Au-delà de cette réalité exigeante, c’est la passion de raconter une histoire à travers l’équipe qui nourrit les deux hommes. Malgré les nombreuses années derrière la cravate, M. Chaumont n’a pas l’impression d’avoir un quotidien routinier : « La beauté du sport, c’est que c’est toujours imprévisible. » Luc Gélinas abonde dans le même sens en admettant toutefois qu’il peut être difficile de diversifier les angles de couverture lors d’une séquence victorieuse. « Ça peut paraître étrange, mais la pire chose pour nous, c’est quand le club va bien parce qu’il n’y a pas de changements dans les trios, pas de blessés, pas d’histoire », indique le vétéran de RDS, en direct de sa chambre d’hôtel de Washington.

Malgré les milliers de matchs qu’ont couverts les deux journalistes, leur soif de transmettre l’information et la passion aux amateurs demeure intacte. Et c’est justement cette passion que portent les partisans envers leur équipe qui pousse les deux hommes à vivre au rythme du Canadien, saison après saison, offrant ainsi un regard privilégié sur l’équipe montréalaise.

 

 

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