L’entraînement intensif de plus en plus présent chez les jeunes

L’entrainement physique est le quotidien de plusieurs jeunes. (Crédit : Site Grit hockey développement)
L’entraînement intensif a de plus en plus la cote chez les jeunes sportifs. À tel point que certains commencent à s’entraîner intensément en gymnase dès l’âge de 10 ans. Ce qui soulève la question : est-ce néfaste pour le développement des enfants ?
Longtemps réservé aux plus âgés, l’entraînement physique intensif rejoint désormais un marché bien plus jeune. Certains enfants débutent l’entraînement en gymnase dès l’âge de 10 ans, une tendance remarquée par Bruno Gladu, entraîneur sportif chez Grit Hockey Développement. « Moi, quand j’étais jeune, on ne s’entraînait pas l’été. Après quelques années, il y a des gens qui se sont spécialisés pour l’entraînement physique, donc c’est devenu de plus en plus populaire, mais les jeunes commençaient plus tard, comme en secondaire 4, et même pour certains, plus vieux que ça. »
Aujourd’hui, tout a changé, dit-il. « Comme c’est devenu essentiel, pour jouer du hockey d’élite de nos jours, tu n’as pas vraiment le choix de t’entraîner l’été puisque les autres le font. Les gens viennent de plus en plus jeunes, les parents viennent aussi de plus en plus jeunes. Et même des petits enfants de 10 ans viennent aux gymnases », renchérit M. Gladu.
L’Organisation mondiale de la santé ne voit pas d’inconvénient à l’entraînement physique chez les enfants et les adolescents. Au contraire, elle observe que l’activité physique régulière à ces âges présente de nombreux avantages, notamment l’amélioration de la santé osseuse, la stimulation de la croissance, le développement musculaire sain, ainsi que le renforcement des capacités motrices et cognitives.

Des gymnases sont en place pour accompagner les jeunes qui veulent s’entrainer (Crédit : Site Grit hockey développement)
Si ce rajeunissement de la clientèle peut sembler impressionnant, il ne met pas forcément en danger tous les athlètes, nuance Bruno Gladu, en précisant qu’il faut adapter son entraînement. « C’est du cas par cas, chacun a un bagage musculaire différent », explique-t-il. « Il y en a qui sont un peu plus prêts, mais la plupart du temps, entre 10 et 14 ans, il n’y a pas tant d’exercices avec des poids, ce sont des mouvements pour travailler avec leur poids corporel, puis on travaille des choses comme l’agilité. Alors que, quand ils arrivent vers 14 ans et plus, on peut commencer à ajouter des poids et avoir des gains musculaires. »
Un avis que partage Samantha Toporowicz, chiropraticienne chez Hévéa. « Les risques sont surtout au niveau des blessures et d’un surentraînement. Une surcharge d’entraînement pourrait affecter la croissance dans les cas extrêmes. Cependant, les bénéfices de l’entraînement dépassent de loin les risques lorsque c’est bien fait. » Mais attention aux signes de surentraînement. « Lorsque les blessures s’accumulent, se répètent ou ne guérissent pas, le jeune peut ressentir une fatigue et un manque de motivation. Le sport doit rester plaisant ! »

Il n’est pas recommandé de s’entraîner avec des poids avant l’âge de 14 ans. (Crédit : Site Grit hockey développement)
L’âge idéal pour commencer un entraînement plus structuré demeure sujet à débat. Samantha Toporowicz a son avis sur la question. « Je dirais entre 14 et 16 ans environ. Plusieurs gyms n’acceptent pas les jeunes avant 14 ans. Le jeune doit rester à l’écoute de son corps puisqu’il est en période de croissance. »
Pour Bruno Gladu, tout dépend surtout de la maturité de l’enfant et de sa motivation. « Il n’y a pas d’âge minimum nécessairement. Quand ton entraînement est adapté, tu pourrais avoir un enfant de 6 ans qui vient au gym puis je pourrais faire beaucoup d’exercices avec lui qui vont l’aider dans sa progression. Par contre, c’est plus l’intérêt souvent et l’attention du jeune, c’est ça qui est compliqué. »
Loin d’être négatif en soi, l’entraînement précoce peut s’avérer bénéfique, selon lui, si le plaisir reste au cœur de la démarche et que le développement global de l’enfant n’est jamais sacrifié au nom de la performance.






