Prévention des commotions : progrès, mais un défi toujours présent

La LHJMQ exige désormais l’installation de bandes flexibles dans tous ses amphithéâtres. Pour soutenir la transition, le gouvernement du Québec a accordé 7,4 millions de dollars à dix villes afin de faciliter leur mise en place.
Photo : Guillaume Larouche
Selon la Société canadienne de pédiatrie, plus de 200 000 Canadiens, majoritairement des enfants et des adolescents, sont victimes de commotions chaque année. Ce chiffre est largement influencé par certains sports, comme le Hockey sur glace ou le Football. Face à cette réalité, quelles initiatives les milieux sportifs doivent-ils adopter pour limiter au maximum les traumatismes craniocérébraux (TCC)?
Un système de prévention qui se raffine
Les sports, en général, ont fait d’immenses progrès depuis plusieurs années en termes de sécurité. Le hockey sur glace en est un bon exemple : au Québec, tout contact physique est maintenant interdit chez les jeunes de moins de 13 ans. En 2012, Hockey Québec a aussi instauré la mise en échec progressive jusqu’au niveau M18 AAA.
« L’instauration graduelle pour pouvoir donner et recevoir la mise en échec, ça s’est fait. Les joueurs doivent être formés. Les entraîneurs doivent être formés. Les consignes pour les officiels ont aussi été modifiées. Avant, il n’y avait ni mise en échec par derrière, ni coup à la tête », explique Jean-François Leblond, directeur des programmes et de la formation à Hockey Québec.
Toutefois, en raison de la loi 25, aucune donnée officielle sur le nombre de commotions liées au hockey n’est accessible. Il est donc impossible d’évaluer précisément les effets de ces mesures.
Une vigilance partagée
Les entraîneurs doivent aussi suivre une formation obligatoire. « La mise en échec, c’est dans les mains des entraîneurs. Si les coachs font leur formation de deux heures en début d’année et qu’on n’en reparle plus ensuite, on n’avance pas », rappelle M. Leblond. Collectivement, les parents peuvent également accéder, pour 10 $ par année, à des thérapeutes certifiés disponibles pour évaluer les jeunes lors des matchs.
Les physiothérapeutes sont aussi beaucoup plus attentifs. Les symptômes d’une commotion ne se manifestent pas toujours immédiatement, ce qui rend leur travail encore plus compliqué. « Quand on évalue un joueur et qu’il répond bien, qu’il n’a pas mal à la tête, mais qu’on a vu que le coup était solide, on suspecte tout de même une commotion. On attend alors 24 à 48 heures pour voir si les symptômes apparaissent. Dans le doute, on donne 48 heures d’arrêt », explique Michaël Morin, directeur des opérations médicales de la Clinique du Peps de l’Université Laval et responsable des soins médicaux de l’équipe Roger.
« Parfois, ils sont un peu sonnés ou mêlés après un impact. Ce sont des signes qui demandent une attention particulière, surtout chez les jeunes. »

Michaël Morin évoque souvent le syndrome du deuxième impact, une condition rare, mais grave et potentiellement mortelle qui survient lorsqu’une personne subit une deuxième commotion cérébrale avant d’être complètement rétablie de la première. Cela peut créer une hémorragie intracérébrale ou une problématique qui va devenir permanente.
(Photo : Clinique du PEPS)
Le risque assumé du sport
Malgré toutes les précautions, les commotions continuent de survenir en grand nombre. Faut-il, alors, abolir les sports jugés dangereux ? « Pourquoi la boxe existe-t-elle encore, avec tout ce que l’on connaît ? Parce qu’il y en a qui sont prêts à accepter les risques que le sport comporte », souligne Jean-François Leblond. Au-delà des risques, les bienfaits du sport demeurent nombreux : meilleure santé physique et mentale, réduction du risque de maladies, développement social, discipline, plaisir…
Au Québec, c’est quand même entre 90 000 et 100 000 jeunes pratiquent le hockey, exposant ainsi ces jeunes a des commotions. Cependant, le sport causant le plus de commotions par participant n’est pas le hockey, ni le football. La natation synchronisée arrive en tête de cette statistique, en raison notamment de l’équipement.
La clé reste donc la vigilance. Peu importe le sport, même ceux qui semblent inoffensifs, comme la natation synchronisée, la prévention, la formation et la surveillance, demeurent essentielles pour protéger les jeunes athlètes.
À lire aussi dans ce dossier :
Commotions cérébrales : Plus qu’un simple coup
Les commotions cérébrales : de simples « bobos de sports »?






