Un avenir inquiétant pour la culture québécoise

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Carl Gaudreault, Manon Dumais et Richard Therrien estiment que la diffusion de films américains par les télédiffuseurs pourrait contribuer à la baisse d’intérêt pour la culture québécoise. (Crédit : Margaux Lamy)  

La journaliste pour La Presse Manon Dumais et le chroniqueur pour Le Soleil, Richard Therrien, sont convaincus : les plateformes numériques de diffusion sont les principales responsables du désintérêt des jeunes pour la télévision. Ils ont fait part de leurs inquiétudes ce mercredidans le cadre d’une conférence organisée au Cégep de Jonquière. 

Pour cause, le journal La Presse a récemment révélé que les 25-34 ans ont consacré en moyenne 11 heures par semaine à l’écoute de la télévision traditionnelle, durant la saison automnale. Une donnée particulièrement « décourageante » selon Richard Therrien. 

« Je suis peut-être un peu extrême, mais il faut sonner l’alarme maintenant, avant qu’il ne soit trop tard », a révélé l’adepte du petit écran. 

Des étudiants qui se sentent concernés 

Dans le cadre du cours « Média et enjeux », orchestré par l’enseignant en cinéma et télévision Carl Gaudreault, 120 étudiants en TCT (Techniques cinématographiques et télévisuelles) étaient conviés à cette conférence.  

Parmi eux, Coralie Brossault a la firme conviction « qu’il faut absolument discuter de cette situation avec son entourage. La culture a un énorme impact sur notre génération. Si elle vient à disparaître, le Québec n’existera plus. » L’étudiante regarde très peu la télévision, mais selon elle, des événements comme le Festival Regard de courts-métrages sont de « bonnes façons de raviver la culture québécoise ».  

« Il ne faut pas perdre notre identité » 

Lors de l’échange, les deux journalistes ont tenté de trouver des solutions pour contrer cette situation. « Quand tu achètes une télévision, il faudrait que les plateformes québécoises apparaissent en premier. Je crois beaucoup à la découvrabilité », affirme Richard Therrien. 

En décembre dernier, le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, a d’ailleurs annoncé l’adoption du projet de loi n°109 visant à protéger et à mettre en avant les contenus culturels dans l’environnement numérique.  

 

Manon Dumais est attachée au cinéma québécois. « Je ne veux pas qu’il meure. Je suis là pour défendre ma culture. » (Crédit : Margaux Lamy) 

Les invités ont régulièrement évoqué le concept d’identité québécoise. « Notre langue, notre accent, notre territoire, c’est ça qui constitue notre identité. Il ne faut pas la perdre », argue le chroniqueur. « On aime voir les Québécois à la télévision »renchérit Manon Dumais. 

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