Encore trop d’accidents en motoneige au Québec

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La consommation d’alcool et de drogue ainsi que la vitesse sont les principaux facteurs des accidents. (Photo : courtoisie)

Les collisions, les noyades et les éjections constituent la majorité des décès en motoneiges au Québec. Malgré la prévention faite par le gouvernement du Québec, les clubs de motoneigistes et les services de police, trop d’accidents surviennent lors de la pratique de ce sport motorisé.

« Rapide et dangereux, ça existe sur la route, mais ça existe en motoneige aussi, malheureusement », observe Jocelyn Charest., président du club de motoneigistes du Saguenay.

Cette année, son club a justement fourni des efforts additionnels pour prévenir les accidents. Son nombre de patrouilleurs bénévoles a doublé, passant d’une quinzaine à une trentaine. « Ils sont assermentés pour donner des contraventions, sauf l’aspect balloune (alcool et drogue) », explique le président.

Les patrouilleurs travaillent également en collaboration avec le Service de police de Saguenay (SPS) lors de quelques barrages de sensibilisation. « On voit qu’il y a une grosse amélioration, le monde [est] plus à l’écoute aussi », ajoute M. Charest. Le SPS fait également plusieurs rappels des consignes de sécurité en motoneige via les réseaux sociaux.

Ce  fut d’ailleurs le cas, les 24 et 25 janvier derniers, lors de l’opération nationale concertée annuelle, qui vise à sensibiliser les motoneigistes en intensifiant les interventions policières partout au Québec. La manœuvre, une collaboration des services de police de la province et la Fédération des clubs de motoneigistes du Québec (FCMQ), a entraîné 260 contraventions et avertissements ainsi que 15 arrestations pour présence excessive d’alcool et de drogue dans le sang.

Plus de 200 000 motoneiges sont immatriculées au Québec. (Photo : Club de motoneigistes du Saguenay Inc.)

Des chiffres inquiétants

Entre 2009 et 2018, l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) a compilé, par année, le nombre de décès et d’hospitalisations liés à la conduite en motoneige. Ce sont, en moyenne, 300 personnes qui ont été hospitalisées à la suite d’une mésaventure en motoneige, dont, en moyenne, 26 qui ont succombé à ces accidents pendant cette période. Selon la Sûreté du Québec, 27 décès ont été constatés pour l’hiver 2023.

Dans les dernières années, la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean est l’une des plus meurtrières pour les motoneigistes, avec la Mauricie, le Centre-du-Québec, Lanaudière et les Laurentides, selon l’INSPQ.

D’après les données de 2015 du Canadian Council of Snowmobile Organizations (CCSO), 70% des usagers de motoneige étaient des hommes. Il n’est donc pas étonnant qu’ils représentent près de 90% des victimes d’accidents.

Des interventions plus complexes

Lorsqu’un accident de motoneige se produit, un défi de taille est lancé aux services d’urgences.  « Il faut qu’on soit extrêmement bien structuré afin d’assurer, premièrement, la sécurité et l’efficacité des partenaires (pompiers, paramédics, policiers, etc.) », explique le directeur aux opérations du Centre de communication santé des capitales (CCSC), Yan Larouche.

Les équipes de sauvetage doivent prendre le temps de bien s’organiser pour venir en aide à la personne en détresse le plus rapidement possible. Il est parfois plus difficile de la localiser en raison de la perte de réseau cellulaire dans les sentiers, hors des voies carrossables.

Heureusement, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, des pompiers « sont organisés pour voyager en territoires non organisés ».  Par exemple, le pompier sera le premier à se diriger vers le blessé pour assurer que l’endroit est sécuritaire et accessible. Ça facilite certaines interventions du genre.

Jocelyn Charest rappelle aux motoneigistes qu’il est très important de « respecter [les] limites et de rester très attentif parce que la motoneige, c’est un loisir qui est tellement plaisant quand on le fait comme il le faut! »

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