Parfum : quand la perception et la mémoire s’entrelacent

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Le parfum « Eau de Céleri » concocté par Isabelle Michaud a gagné, en 2015, un prix au gala The Art and Olfaction Awards dans la catégorie « Artisan ». (Photo : Courtoisie) 

L’engouement croissant pour les parfums sur les réseaux sociaux se traduit par une forte hausse des ventes de produits de parfumerie. Il met également en lumière l’impact psychologique des odeurs, intimement liées à nos émotions et à notre mémoire.

De plus en plus de Canadiens utilisent des parfums. Selon l’Alliance des cosmétiques du Canada, les ventes de fragrances sont en hausse de 12 % depuis trois ans au pays.  

Pour le créateur de contenu spécialisé en parfum et en cosmétique, Jean-Sébastien Paré, aussi connu sous le nom de « Stewart le pif », cette nouvelle réalité met en avant un désir de la population : trouver son odeur. « On voit une tendance surtout chez les jeunes. Beaucoup de gens m’écrivent pour savoir quels parfums je leur conseille. Ne pas puer, c’est important. C’est sûr que la fragrance que tu mets va t’aider à dégager ce que tu veux dégager », explique avec un sourire l’influenceur suivi par plus de 10 000 abonnés. 

Mais qu’est-ce que ça veut dire « sentir bon » ? Selon la propriétaire de Trafic Olfactif, un atelier de création et de découverte de parfums Nadia Bédard, cette question n’a pas de réponse claire et universelle. La parfumeuse et ancienne psychologue explique comment l’appréciation d’une odeur est propre à chacun. « On peut aimer une odeur parce qu’elle va être associée à une expérience que l’on a vécue dans le passé. Souvent cette association peut être inconsciente. Sans le savoir, quand on vit un moment, tout ce qui l’englobe s’enregistre en nous sans qu’on s’en aperçoive. Donc, parfois, quand on sent une odeur qui nous rappelle ce moment, on peut faire des liens. » 

Cette idée selon laquelle les fragrances et les odeurs sont liées à notre histoire personnelle est également partagée par la parfumeuse et propriétaire de la parfumerie montréalaise Monsillage, Isabelle Michaud.  

« Je pense que c’est dans notre ADN, ce sont nos expériences personnelles et notre sensibilité qui nous affectent. Aimer un parfum, ça montre par où on est passé et dans quelle nature on a voyagé. Les odeurs peuvent être associées à de bons et à de moins bons souvenirs », explique-t-elle. 

Impacts sur la perception 

Dans les pharmacies du Québec, ce sont des parfums de marques internationales qui sont proposés aux clients, une petite partie est composée de produits d’ici, au désespoir des parfumeurs de la province. (Photo : Julian Azzari) 

Lorsqu’un parfum est appliqué, il laisse derrière lui un sillage, une empreinte olfactive qui accompagne un individu et participe au message qu’il projette. Selon Nadia Bédard, cette trace invisible influence de manière subtile la perception que les autres peuvent avoir d’une personne. 

« Quand on choisit un parfum, ça dit quelque chose de nous. Tous les choix qu’on fait dans la vie parlent de nous et révèlent quelque chose. Le parfum que l’on porte met en lumière une partie de notre personnalité », elle ajoute que « Lorsqu’on rencontre une personne pour la première fois et qu’on n’a pas encore d’opinion sur elle, si elle porte un parfum qu’on aime, le premier contact devient immédiatement positif. » 

Pour Mme Michaud, la fragrance peut effectivement transmettre un message, mais son impact est particulièrement influencé par la manière dont une personne la porte. « Je ne pense pas qu’un parfum puisse changer la perception. Si la personne le porte avec assurance, c’est là que ça peut dégager certains traits de caractère. » 

Un facteur pour la confiance 

Au-delà de son influence sur la perception des autres, le parfum peut aussi avoir un impact direct sur la personne qui le porte. Il peut devenir un véritable outil pour renforcer l’assurance, selon Isabelle Michaud. « J’ai déjà vu des gens qui avaient de la difficulté à s’affirmer et qui, au moment de choisir un parfum, optaient pour un parfum qui parle fort, qui diffuse énormément. Ça peut être une espèce de balancier », conclut-elle. 

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