Les arts textiles : plus qu’un simple passe-temps

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tricot

Le tricot est aussi considéré comme de la tricothérapie. (Photo : Raphaëlle Charbonneau)

Les arts textiles gagnent en popularité, notamment sur les réseaux sociaux. Il y a un mouvement de « retour aux sources ». Reconnus pour apaiser et déconnecter, ils permettent également de lâcher les appareils électroniques tout en nous maintenant en santé. 

« Je travaille beaucoup en digital, à l’ordinateur, sur mon cellulaire et ça me tentait de faire quelque chose avec mes mains, que physiquement, je peux toucher et voir. […] Je pense qu’il y a beaucoup de monde qui essaie de se casser de cette dépendance-là [les écrans] pour justement faire autre chose de productif », confie la présidente du Cercle des fermières de Chicoutimi, Kimberly Toy. 

Kimberly Toy

Kimberly Toy est présidente du Cercle des fermières de Chicoutimi qui compte 180 membres. (Photo : Courtoisie)

« Il y a quelque chose aussi qui appelle à la lenteur. Tu as beau essayer de trouver plein de méthodes pour tricoter vite ça ne marchera pas tant que ça.  Le tricot c’est lent et ça va être long, tu vas recommencer. Ça te fait prendre conscience que faire un vêtement c’est long et ça prend de l’attention », assure celle qui  tricote depuis déjà un an, Rosalie Dumais-Beaulieu. 

« Ça travaille beaucoup, ma patience, ma persévérance, mon perfectionnisme aussi. J’aime avoir un résultat que je peux porter à la fin », ajoute-t-elle. 

 

Les bienfaits pour la santé

Selon une étude menée par le British Journal of Occupational Therapy, le tricot aurait plusieurs bienfaits, dont « un renforcement des neurones cérébrales, une amélioration de la motricité fine, une grande satisfaction personnelle et une production de l’hormone du bonheur et du bien-être ».   

« Si on n’utilise pas nos capacités on les perd, c’est aussi simple que ça. Alors, de venir travailler que ce soit du tricot, n’importe quelle activité de motricité fine c’est très important parce que moins on l’utilise plus on a de chance de le perdre », assure l’ergothérapeute de la clinique d’ergothérapie du Saguenay, Mathieu Delisle. 

Rosalie Dumais Beaulieu

« Ça a quand même été addictif assez rapidement. C’est le passe-temps sur lequel j’ai le plus accroché », blague Rosalie Dumais-Beaulieu. (Photo : Courtoisie)

Les activités de motricité fines, comme le tricot « permettent de garder une bonne amplitude des mouvements en faisant circuler les liquides qu’on a dans nos mains, comme le sang qui permet d’apporter des nutriments pour garder nos articulations en santé », explique l’ergothérapeute, Mathieu Delisle. 

 

Dans une ère de surconsommation 

« On voit les conséquences de l’industrie de la mode, il y a des pays qui sont complètement ensevelis sous du linge complètement neuf qui n’a jamais été utilisé et juste jamais vendu parce qu’il y a tellement de problèmes avec la fast fashion », se désole Mme Toy. 

Fabriquer ses propres vêtements procure un sentiment d’appartenance à l’artisan.   « Si j’ai mis autant de temps à le tricoter, je ne vais pas le jeter tout de suite, je ne vais pas m’en débarrasser. Je ne vais pas suivre un effet de mode parce que je veux qu’il me dure longtemps », enchaîne Rosalie Dumais-Beaulieu.  

 

Chandail de laine

« Le tricot ça met complètement mon cerveau à “off”, ça m’occupe les mains donc ça m’empêche d’être sur mon téléphone », confirme Rosalie Dumais-Beaulieu (Photo : Courtoisie)

Certains vont même faire des efforts supplémentaires pour contrer le fléau de la surconsommation. « Il y a beaucoup de monde, par exemple qui vont aller dans des friperies et qui vont prendre de vieux gilets de laine et qui vont prendre le temps de les rebobiner en boule et faire leurs propres projets, au lieu d’acheter de la nouvelle laine », renchérit la présidente du Cercle des fermières de Chicoutimi. 

Avec toutes les technologies développées, il est facile d’apprendre les différents arts textiles. « Maintenant [l’apprentissage] c’est à proximité avec nos téléphones, il reste juste à aller chercher le matériel ou même le commander, tout est rendu extrêmement accessible à ce niveau-là et ils peuvent l’apprendre dans leur coin », conclut la présidente Toy. 

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