Tatouages: démocratisés dans tous les métiers 

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Il n’est pas rare qu’Émile Perreault tatoue des endroits très visibles, comme une tête sur cette photo. (Photo : courtoisie) 

Une étude réalisée par la firme Logit en 2024 révélait que plus d’un millénial canadien sur deux avait au moins un tatouage. Cette génération, qui représente aujourd’hui la plus grande part de la population sur le marché de l’emploi, redéfini les normes et les codes des milieux professionnels en matière de tatouages qui sont plus visibles que jamais. 

Jimmy Bouchard a été conseiller municipal à Saguenay de 2019 à 2025, enseigne au Cégep de Chicoutimi et se présentera à l’investiture du Parti québécois dans Jonquière. Accessoirement, il est couvert de tatouages. Malgré cette succession d’emplois notables, ses tatouages très visibles, notamment sur les mains et les doigts, ne lui ont jamais valu de mauvaises expériences.

« Je n’ai jamais eu de commentaires négatifs. J’ai eu des questions, en lien avec leurs significations par exemple, mais je n’ai jamais senti que c’était handicapant. J’ai reçu infiniment plus de commentaires sur mes cheveux longs », lance-t-il en riant. 

Jimmy Bouchard a commencé à se faire tatouer avant même l’âge de 18 ans. (Photo : Félix-Antoine Turgeon)

Jimmy Bouchard a commencé à se faire tatouer avant même l’âge de 18 ans. (Photo : Félix-Antoine Turgeon)

Démocratisé, peu importe le métier 

Force est de constater que les mentalités ont bel et bien changé, comme l’explique l’historien et auteur Laurent Turcot . « On est à l’époque où les tatouages ont été le plus normalisé. À l’époque victorienne, certains des plus grands aristocrates en avaient, mais c’était un symbole de distinction sociale. Aujourd’hui, la normalité c’est que tout le monde ou presque a un tatouage. » 

Le tatoueur Émile Perreault, qui exerce son art à Québec depuis quelques années, remarque aussi que ceux qu’il tatoue proviennent de tous les milieux. Malgré une démocratisation de plus en plus généralisée dans toutes les sphères professionnelles, il ne sous-estime pas l’impact que ces modifications corporelles peuvent avoir sur la vie de ceux qui les arborent.  

« J’essaie souvent d’orienter les gens. Si quelqu’un me dit qu’il veut des tatouages sur les mains et que je vois qu’il n’a aucun autre tatouage visible sur les bras, je vais le questionner, c’est certain », explique-t-il en précisant qu’aucun de ses clients ne lui a rapporté une expérience négative à l’emploi en raison de ses tatouages. 

Si Jimmy Bouchard est aujourd’hui en mesure d’œuvrer en éducation et en politique malgré ses tatouages, Laurent Turcot indique que ces types de métier ont longtemps été réfractaires à ces ornements corporels. « Ce sont des systèmes qui fonctionnent par corporation, c’est-à-dire que tu dois être accepté par tes pairs. Donc celui qui n’est pas conforme à ce qui est attendu est vu comme quelqu’un qui est dans la marge. Quand tu es dans la marge, tu ne fais pas partie du groupe, donc tu deviens un symbole de dangerosité. » 

 Le nouveau député tatoué ? 

Bien qu’il assume complètement ses tatouages, Jimmy Bouchard avoue s’être questionné sur leur compatibilité avec la fonction qu’il tentera de décrocher en octobre prochain, dans laquelle les tatouages visibles se font plutôt rares. Il fait toutefois la différence entre un cas comme le sien et celui de Catherine Dorion, qui avait fait réagir avec ses habits décontractés au Salon bleu. « Le code vestimentaire, je mets ça d’un côté, je suis tout à fait à l’aise avec ça. Les tatouages, je classe ça dans la catégorie du style personnel, au même titre qu’une coupe de cheveux ou des bijoux. »  

 Il ne croit donc pas que ses tatouages nuiront à ses chances de faire son entrée à l’Assemblée nationale. « Je pense et j’espère ne pas me tromper en disant que les gens accordent beaucoup plus d’importance au contenu qu’au contenant », affirme-t-il en ajoutant que sa possible élection pourrait être symbolisée par un nouveau tatouage. 

 

 

 

 

 

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