La banalisation de l’alcool: un réel problème 

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D’après l’agente de planification, de programmation et de recherche du CIUSSS, Josiane Boucher (à droite), au Saguenay-Lac-Saint-Jean, on souhaite surtout travailler les compétences personnelles et sociales des jeunes. À gauche, Michèle Kearney. (Photo : Alicia Flageol) 

 

Face à une banalisation importante de la consommation d’alcool chez les jeunes de la région, la sensibilisation est plus que jamais nécessaire.  

  

Rappelons que la plus récente enquête québécoise sur la santé des jeunes du secondaire du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean a révélé que 50 % des élèves du secondaire dans la région avaient eu une consommation excessive d’alcool dans l’année. Une consommation excessive signifie cinq consommations ou plus lors d’une même occasion.  

 

Devant ces chiffres, les agentes de planification, de programmation et de recherche du CIUSSS Josiane Boucher et Michèle Kearney croient que plus de sensibilisation doit se faire. Un avis partagé par Pierre Lavoie, fondateur du Grand défi Pierre Lavoie et défenseur des bonnes habitudes de vie.  

 

Pour les intervenantes du CIUSSS, cette statistique démontre principalement une banalisation de la consommation chez les jeunes. « C’est pas mal plus élevé qu’ailleurs au Québec : ailleurs on parle plus de 29 % pour l’année 2022-2023 », explique Michèle Kearney. Cette dernière ajoute que ce phénomène se voit aussi chez les adultes de la région. « Si c’est comme ça pour les parents, ça peut influencer les plus jeunes », lance-t-elle. 

 

Sa collègue en prévention, Josiane Boucher, déplore la standardisation de ce genre de consommation : « On parle de consommation excessive, c’est cinq consommations en un soir une fois dans l’année, mais les gens vont nous dire ‘ah ben ce n’est pas si pire.’ On vient de banaliser la consommation d’alcool. Plus ils commencent jeunes, plus cette habitude-là va être gardée au niveau adulte. » 

 

Vivre avec les conséquences 

 

Pour Josiane Boucher, les jeunes ne sont pas suffisamment au courant des conséquences de ce type de consommation. Mais comment les conscientiser? Selon elle, les ados sont plus réceptifs lorsqu’on parle de conséquences à court terme : accidents, comas éthyliques, blessures, somnolence, etc.  

 

Elle met toutefois en lumière un important désintérêt envers les conséquences à long terme : « C’est dans trop longtemps pour eux, ça les intéresse moins. » Dans ce cas elle parle surtout d’effets sur le cerveau, principalement sur le lobe frontal. « Le cerveau est en développement jusqu’à 25 ans. Il peut donc y avoir des bris dans les connexions dans le cerveau », explique Mme Boucher, en ajoutant que les conséquences à long terme sont très présentes avec les jeunes et la consommation excessive.  

 

De la prévention importante 

 

Pour Pierre Lavoie, les chiffres sont surprenants. Il ne s’attendait pas à « déclasser le Québec au complet. » À son avis, il manque de modèles pour les jeunes, mais il croit aussi qu’à la suite des plus récents Jeux Olympiques, les jeunes de la région en auront plus, comme la patineuse Valérie Maltais. 

 

« Si tout le Québec s’est amélioré, je ne vois pas pourquoi nous, on ne pourrait pas », déclare Pierre Lavoie. (Photo : courtoise) 

 

« Quand on gratte un peu, c’est peut-être un problème culturel. On devra évoluer comme société », déclare-t-il en ajoutant que la prévention fonctionne, mais qu’on « doit en faire. » 

 

Il est aussi d’avis qu’on devrait aller de l’avant avec plus de sensibilisation et d’éducation plutôt que de donner des amendes ou d’arrêter les jeunes. « Ce qui marche, ce ne sont pas les bâtons, c’est l’accompagnement. »  

 

« On ne peut pas se permettre d’être les derniers et de se faire pointer du doigt, moi ça ne me rend pas fier en tout cas », lance-t-il. 

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