Répartir des événements sportifs sur plusieurs villes : la nouvelle tendance?

La candidature, puis son retrait, de la Ville de Saguenay aux Jeux du Canada aura permis à la l’administration de faire un état des lieux des infrastructures sportifs de Saguenay, explique la conseillère Joan Simard. (Photo : Philippe Jacques)
Milan et Cortina d’Ampezzo pour les Jeux Olympiques de 2026, Moncton et Saint-Jean pour les Jeux du Canada de 2029… Organiser des événements multisports d’envergure dans plusieurs villes est une solution pour réduire les coûts, affirme la directrice générale de Sports Québec, Isabelle Ducharme.
Les Jeux du Québec utilisent cette approche depuis plusieurs années et la reprennent pour 2026 : la finale de Blainville se sert d’installations dans les villes voisines pour compléter son offre. Cette solution permet non seulement de réduire les coûts, mais aussi de réutiliser des infrastructures déjà présentes dans les villes avoisinantes.
Pour la 60e finale des Jeux du Québec, au lieu de construire un nouvel aréna, les athlètes pourront compter sur la patinoire de la Place Bell, à Laval, une vingtaine de kilomètres plus loin. « Il y a une subvention qui vient avec la Finale des Jeux du Québec qui permet de créer de nouvelles infrastructures dans le milieu d’accueil, mais l’objectif à la base c’est de réutiliser des infrastructures déjà présentes », affirme la directrice générale.

Isabelle Ducharme est directrice générale de Sports Québec, l’organisation derrière les Jeux du Québec. (Photo : Courtoisie)
Organiser les Jeux du Québec coûte entre 7,5 millions et 9 millions de dollars, précise-t-elle. Cette facture est répartie entre le gouvernement provincial, la municipalité et les partenaires institutionnels qui prêtent leurs locaux.
Le prix de l’alimentation des athlètes, le transport et le salaire des employés sont en hausse depuis quelques années, ce qui rend le financement de ces événements multisports d’envergure plus difficile, conclut la directrice.
Saguenay et les Jeux du Canada
Saguenay a retiré sa candidature pour les Jeux du Canada de 2031 en décembre dernier. Plusieurs raisons expliquent ce retrait, dont l’absence d’une piscine à deux bassins pour accueillir l’épreuve de natation acrobatique. Néanmoins, le conseiller Michel Thiffaut a affirmé avoir étudié la possibilité de travailler conjointement avec d’autres villes pour aller de l’avant avec ce projet. Bien qu’Alma ne dispose pas non plus d’une piscine réglementaire pour cette nouvelle épreuve, l’administration a analysé une possible collaboration avec la Ville de Québec.
« Oui, on pourrait demander à Québec de nous aider, mais elle a déjà pris la relève du Yukon pour les prochains Jeux d’hiver. » La capitale nationale sera hôte des Jeux du Canada en 2027 et le délai trop court entre ces deux événements aurait été problématique pour Québec.
L’avis de la conseillère de la Ville de Saguenay Joan Simard sur l’organisation d’événement sportifs sur plusieurs sites est pour sa part plutôt nuancée. « On l’a vu, là. Je pense que c’est bien d’étaler. Mais trop étaler, ça ne fait pas les retombées qui sont escomptées. Si la moitié des athlètes et la moitié des centres sont à Québec, puis que nous on a juste un résiduel, ce n’est pas mieux », a-t-elle affirmé.






