Bientôt des ressources pour la santé des hommes ?

À gauche, la ministre de la Santé du Canada, Marjorie Michel, lors de l’annonce gouvernementale sur la santé des hommes. (Photo : courtoisie)
Sébastien Ouellet, le directeur du centre de ressources pour hommes Optimum au Saguenay-Lac-Saint-Jean, espère que la future stratégie nationale pour la santé masculine amènera du soutien aux organismes dédiés aux hommes.
Selon Sébastien Ouellet, les organismes dédiés à la santé masculine sont largement sous-financés. « Le financement des organismes communautaires est très peu adapté aux réalités des régions éloignées. Faire de la prévention nécessite des sommes financières importantes », témoigne-t-il.

Sébastien Ouellet est le directeur du seul centre psychosocial dédié aux hommes au Saguenay-Lac-Saint-Jean. (Photo : courtoisie)
« On ne se donne pas les moyens collectivement d’avoir des ressources bien financées pour rejoindre des hommes en difficultés. On essaye d’avancer, mais on arrive de tellement loin, il y a encore beaucoup à faire. Ce que j’espère de cette stratégie nationale c’est un dialogue avec les organismes sur le terrain qui interviennent directement auprès des hommes », ajoute-il.
De son côté, le porte-parole de la ministre de la Santé, Guillaume Bertrand, assure que des discussions vont être organisées avec des organismes, pour ensuite investir où ce sera nécessaire.
Depuis début mars, un dialogue sur la santé masculine a été lancé à l’échelle nationale. « La problématique on la voit mais on ne sait pas par où commencer, donc on veut aller chercher le plus de commentaires possible », admet le porte-parole de la ministre. Les commentaires serviront à élaborer la première Stratégie pour la santé des hommes et des garçons au Canada, qui sera publiée plus tard dans l’année.
Des milliards à économiser
Améliorer la santé masculine pourrait permettre d’économiser près de 12 milliards de dollars selon la fondation Movember. Cette fondation travaille à améliorer la santé mentale et physique des hommes, et collabore avec le gouvernement sur la future stratégie nationale. D’après elle, l’amélioration des services de santé, des dépistages précoces et plus de prévention permettrait d’éviter ou diagnostiquer assez tôt plusieurs maladies très présentes parmi les hommes. Les coûts directs et indirects de ces maladies, comme les services hospitaliers ou le prix des médicaments, s’élevaient à presque 12 milliards de dollars en 2023.
« Cela représente environ 3,3% des dépenses totales prévues en matière de santé au Canada pour 2024 (372 milliards) et permettrait de financer entièrement plus de 12 grands hôpitaux canadiens pendant un an », peut-on lire dans le rapport.
La productivité nationale
D’après Guillaume Bertrand, améliorer la santé des hommes pourrait accroître la productivité : « si on prend le taureau par les cornes, on va aller chercher des solutions pour le bien-être des hommes, le bien-être de leur fils, de leur fille, puis vraiment d’aller chercher des solutions pour pouvoir améliorer la productivité au Canada ».
« En 2023, au Canada près de 75 000 hommes sont morts prématurément (c’est-à-dire avant l’âge de 75 ans). Cela équivaut à 44% des hommes décédés au cours de cette période. Ces décès sont, pour la plupart, évitables », ainsi débutait le rapport publié en juin 2025 par la fondation Movember, intitulé Le vrai visage de la santé masculine.
Ce rapport de plus de 130 pages brosse un portrait édifiant sur l’état de la santé des hommes au Canada et demandait l’élaboration d’une stratégie nationale. Selon Movember, les principales causes de mortalité prématurée chez les hommes en 2023 étaient les cancers, les maladies coronariennes (qui touchent les artères liées au cœur), les accidents et les suicides. Pour ces quatre causes, le taux de mortalité était plus élevé chez les hommes que chez les femmes.
Des faits importants
- La Stratégie pour la santé des femmes a été lancée en 1999.
- Les hommes décèdent trois fois plus que les femmes par suicide.
- 65 % des hommes canadiens attendent plus de six jours après l’apparition des symptômes avant de consulter un médecin.
- En 2021, les hommes étaient deux fois plus susceptibles que les femmes de mourir de causes évitables.
- Les hommes sont moins susceptibles que les femmes de recourir aux soins primaires ou d’accéder aux services préventifs, y compris les dépistages médicaux.
Source : Santé Canada






