« Quand c’est gratuit, c’est toi le produit »

Les informations d’une carte de crédit ayant une balance de 5 000 $ valaient 110 $ en 2023, selon Privacy Affairs. (Photo: Carolane Beauregard)
La collecte de données personnelles est une pratique très répandue sur internet. Celles-ci sont très prisées sur le marché noir, et leur coût est variable, mais élevé. Il existe des moyens de protection pour les consommateurs. Toutefois, ils ne sont pas sans faille.
Les conditions d’utilisation, ou encore la politique de confidentialité, constituent un contrat entre l’internaute et la plateforme ; celui-ci est obligatoire. Il sert à établir un cadre légal ainsi que des règles entre l’utilisateur et la plateforme. « D’un côté, il y a les organismes et la jurisprudence qui disent qu’il faut que ce soit compréhensible, simple et en langage clair. Alors que, d’un autre côté, il y a les avocats qui disent que si c’est clair, il manque des détails », indique François Charron, chroniqueur technologique.
La complexité des conditions d’utilisation est la raison principale pour laquelle la majorité des internautes ne les lisent pas. Au début du contrat, les entreprises ajoutent le mot tiers ou partenaires. Le chroniqueur explique l’ajout ainsi : « Ça veut dire que je peux prendre toutes tes informations et les donner, les partager et les vendre à un tiers. Donc, c’est un chèque en blanc qui me permet de faire tout ce que je veux avec les données ».
La collecte des données des internautes a pour but premier de faire de la publicité ciblée, donc du profit. « Une grande partie du modèle commercial d’internet repose sur la publicité ciblée, qui est fondée sur l’analyse de nos renseignements personnels et les données qu’on génère en ligne », ajoute Alexandre Plourde, avocat et analyste chez Option consommateurs.
63 % des internautes estiment que la plupart des entreprises ne sont pas transparentes quant à la manière dont elles utilisent leurs données, selon la plateforme Tableau Public.
Autre que la publicité ciblée, les entreprises font du profit grâce à la vente de données et en gardant les internautes sur leur plateforme. « Plus une personne reste longtemps sur le site, plus elle crée des données », explique Alexandre Plourde.
Que peut faire le consommateur?
L’internaute a un pouvoir très limité : soit il accepte les conditions d’utilisation du service, soit il n’utilise pas celui-ci. De plus, il ne peut pas négocier le contrat. C’est malheureux puisque bien souvent, ce sont des services essentiels comme Facebook pour rester connecter et socialiser, affirme l’avocat.

Alexandre Plourde explique que protéger ses données permet à l’internaute de se protéger de certains préjudices. (Photo : Option consommateur )
Certaines plateformes comme Google offrent, dans les paramètres, une option de limitation de collecte de données, notamment la géolocalisation. Par contre, de tels paramètres sont souvent difficiles à trouver.
La présence du numérique dans nos vies ne cesse d’augmenter. Les utilisateurs sont conscients que leurs données sont collectées, mais ne réalisent pas l’ampleur de celles-ci, déplore Alexandre Plourde.






