Pression des pairs : l’élément déclencheur du vandalisme chez les jeunes

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Des graffitis sont présents sur le mur d’une station d’essence laissée à l’abandon dans le secteur Jonquière. (Photo : Arthur Bakhache)

Quelque 7% des jeunes de 12 à 17 ans ont commis un acte de vandalisme au cours de la dernière année sur le territoire de Saguenay, selon les statistiques d’ÉquiJustice. Depuis 2023, la Ville de Saguenay tente de contrer les méfaits du vandalisme.

La Ville n’a toutefois pas de statistiques pour prouver que le vandalisme chez les jeunes est en hausse. « On a l’impression qu’il y en a plus dans les espaces publics, mais on n’a pas de chiffres pour le prouver », indique la conseillère en communication à la Ville de Saguenay, Marie-Ève Carrier. De plus, personne n’est attitré au calcul du coût des réparations causées par le vandalisme. Les statistiques sont donc inexistantes à ce niveau.

Or, le ministre des Affaires municipales, Samuel Poulin, annonçait il y a quelques semaines que le vandalisme était un problème. Ce dernier indiquait que si à chaque fois que le gouvernement annonçait un nouvel investissement, il devait se prévoir un 50 à 100 millions de plus pour réparer les dommages causés par le vandalisme, il n’y arriverait pas.

À peine quelques jours après le lancement de la campagne électorale, des actes de vandalisme ont déjà été commis sur des pancartes. (Photo : Arthur Bakhache)

L’importance d’être bien entouré

Les jeunes vandales n’agissent pas seuls. Leurs amis et leur famille ont beaucoup d’influence sur les actions commises, parfois même sans le vouloir. La directrice générale d’ÉquiJustice Saguenay, Marie-Luce Laforge, observe souvent un manque d’encadrement chez les jeunes délinquants. « Le jeune peut avoir des parents moins présents à la maison parce qu’ils sont beaucoup occupés au niveau professionnel. Dans ces cas-là, le jeune peut se retrouver à des endroits méconnus des parents avec du monde qui ne sont pas de bonnes influences. » Parlant de mauvaises influences, les amis du jeune vont souvent le pousser à commettre des actes de vandalisme. « Un jeune va faire du vandalisme parfois parce que ses amis vont lui lancer un défi avec le fameux “T’es pas game”. Ça peut aussi être pour prouver aux autres qu’il peut faire partie du groupe », poursuit Mme Laforge.

Un manque de confiance en soi

Selon ÉquiJustice, abimer des objets dans un espace public est souvent le résultat d’une trop grande pulsion de colère ou une accumulation intense de frustration. Bien que cela peut être le cas chez les jeunes, le fait de vouloir avoir de la valeur aux yeux des autres est un facteur important à considérer lorsqu’un adolescent commet un acte de vandalisme. L’éducateur spécialisé à l’école secondaire Riverside, Mathieu Moffat, observe que les jeunes vandales sont souvent des gens facilement influençables. « Souvent, les jeunes qui vont être influencés […] ce sont des jeunes qui se connaissent moins, qui connaissent moins leurs forces. » M. Moffat mentionne également que quelqu’un qui n’a pas de passion pour l’occuper va être plus enclin à vouloir faire du vandalisme. « Ce sont des gens qui vont jalouser des autres qui ont accès à différents sports et loisirs. Ce sont des gens qui n’ont pas nécessairement grand-chose à faire. […] Donc oui, je pense que de développer une passion peut devenir un facteur de protection pour le jeune. »

Il y aura toutefois toujours de l’espoir. La Maison des jeunes de La Baie n’a reçu aucun téléphone de la part de la municipalité cette année, signalant du vandalisme. Une diminution drastique comparativement aux dernières années.

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