Les épiceries ethniques, phénomène grandissant au Saguenay-Lac-Saint-Jean

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Les aliments présents à l’épicerie Yakara, située sur la rue Saint-Dominique à Jonquière, sont arrivés directement d’Afrique. Les coûts peuvent parfois en témoigner. (Photo : Alexis Auclair) 

Les épiceries ethniques étaient étrangères aux Saguenéens … jusqu’à tout récemment. Aujourd’hui, Québécois comme immigrants découvrent les délices de la planète à travers cinq marchés alimentaires. 

« Ce n’était pas normal de voir les gens aller à Montréal pour avoir la nourriture qu’ils veulent. » Marcellin Gbazai, un Saguenéen d’adoption, déplorait, il y a de ça quelques années, l’accès limité à de la nourriture ethnique.

À ce jour, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, la situation a grandement évolué. Cinq épiceries, trois au Saguenay et deux situées au Lac-Saint-Jean, sont en fonction. Parmi celles-ci, trois ont ouvert leurs portes en 2026. Entre 2019 et 2024, environ 894 personnes sont arrivées en moyenne par année, selon l’Institut de la statistique du Québec. 

S’adapter 

La propriétaire du café Le Téranga, (hospitalité en wolof) Khadija Gning, qui travaillait à l’UQAC, a observé une situation particulière à la cafétéria de l’université. « Je voyais les étudiants internationaux africains faire la même chose. Ils arrivaient à la cafétéria, faisaient le tour du buffet et allaient s’asseoir. » 

Situation inconcevable pour la dame qui a ouvert les portes de son café avant d’en faire un OBNL dans les murs de l’université, signe de la popularité grandissante de son café. Khadija Gning donne également des leçons de cuisine, qui permettent aux immigrants de cuisiner et d’apprêter des fruits comme le bleuet ou la canneberge. 

« C’est très difficile, l’adaptation alimentaire. Ça n’a rien à voir avec les sauces, on mange beaucoup de riz. » Un changement de décor alimentaire drastique et souvent manquant de sensations fortes, comme l’explique Marcellin Gbazai. 

« Au niveau de la nourriture, ça n’a rien à voir. Les immigrants mangent beaucoup d’épices. C’est difficile d’aller souper chez les familles québécoises. » 

Les cours de cuisine offerts par Mme Gning permettent de rassembler toutes les cultures pour mieux découvrir les délices d’Afrique. (Photo : courtoisie) 

Pour la directrice du Service d’accueil pour nouveaux arrivants du Saguenay, Stéphanie Duval, l’adaptation est bien réelle pour une personne immigrante. Elle explique aussi le contraste et le point de vue que certains nouveaux arrivants peuvent observer en débarquant au Saguenay-Lac-Saint-Jean.

« C’est sûr qu’il y a toujours un défi […] une tourtière, ce n’est pas nécessairement sexy aux premiers abords. De la même manière que quelqu’un qui n’a jamais goûté à un couscous marocain va trouver cela plus épicé. »

Un « défi » qui n’empêche pas la directrice du Service d’accueil pour nouveaux arrivants d’y voir une belle opportunité de rapprocher les populations. « Je ne pense pas que ce soit un frein, le partage de la culture culinaire, c’est quelque chose qui fait partie d’un processus qui est agréable. » 

 

 

 

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