Des restaurants végétaliens? Pas pour tout de suite!

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La moyenne annuelle des ventes de tofu a augmenté de plus de 2% entre 2016-2021 et 2021-2025. (Photo: Elena Simet)

Dans les supermarchés et l’alimentation rapide, les options végétaliennes se développent petit à petit, cette réalité n’est pas la même en ce qui concerne la restauration, notamment en région.

Environ 30 % de la population canadienne souhaiterait augmenter sa consommation d’aliments d’origine végétale, selon une étude menée par Humane World for Animals en novembre 2025. Doris Larouche, devenue végane en 2015, note une avancée considérable dans les épiceries ou c’est désormais « plus facile de trouver des options véganes ». D’ailleurs, une autre étude réalisée par le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation montre que les produits de tofu gagnent en popularité.

« C’est déjà arrivé que je mange un bol de frites et les autres leur repas », confie Julie Gauthier-Dion, végane depuis maintenant 7 ans. La jeune saguenéenne comprend qu’un restaurant 100 % végan ne serait pas un grand succès dans la région, mais pour elle « ce n’est pas difficile d’avoir des options végétaliennes qui se conservent facilement au congélateur ».

 

Un écart de demande

Pour le professeur de marketing à l’Université du Québec à Chicoutimi, Julien Bousquet, la disparité d’offre en région et en métropole s’explique par un écart important de la demande du au nombre de consommateurs potentiels. Bien qu’une offre complètement végétalienne n’existe pas en région, la proposition de plats végétariens fleurit de plus en plus sur les cartes, admet le professeur de marketing.

Le propriétaire des succursales Summum&Co à Chicoutimi, Maxence Raymond, note une évolution considérable des demandes végétariennes au cours des dernières années.  Dans son restaurant, les options véganes sont moins importantes, mais demeurent présentes grâce à la possibilité de remplacer les protéines animales par des protéines végétales, bien que « la demande soit assez faible pour le moment ».

Summun & Co s’engage à toujours offrir des options végétariennes lorsqu’il fait des services traiteurs. (Photo: Elena Simet)

Encore du poulet

« C’est un running gag », s’amuse Julie Gauthier-Dion, faisant référence à l’ouverture massive de restaurants spécialisés dans le poulet comme Jack Le Coq, Poulet rouge qui se sont implantés dans la région au cours de la dernière année. Un constat qui fait également sourire le professeur de marketing : « un entrepreneur va plutôt miser sur du poulet frit pour être sûr d’attirer la clientèle ». Julien Bousquet admet qu’un restaurateur prendrait trop de risques en se lançant dans une offre exclusivement végétalienne, puisque cette clientèle reste limitée.

Une agriculture marquée au Saguenay

« Quand tu dis que tu es végan, c’est souvent pris comme une attaque », soulève Mme Gauthier-Dion en faisant référence à la culture autour de l’élevage en mentionnant l’engouement autour de la fromagerie Boivin. Un avis partagé par plusieurs femmes véganes de la région. « Les gens se sentent jugés », renchérit Doris Larouche. Pour Julien Bousquet, c’est une culture qui n’est pas encore établie durablement dans la région, bien que certaines traditions culinaires, comme l’épluchette de blé d’Inde, montrent que des repas végétaliens sont cuisinés sans pour autant être nommés comme tels.

Le professeur à l’UQAC souligne que la consommation végétalienne est une habitude qui peut prendre du temps à s’ancrer dans l’esprit des consommateurs. Elle implique une remise en question des habitudes alimentaires profondément ancrées, une mentalité qui peut encore prendre du temps avant d’être inscrite dans la culture régionale.

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