Anik Salas présente les champions mondiaux de l’égalité des genres : La méthode scandinave

La cinéaste Anik Salas présentera son film La méthode scandinave le 27 octobre à la salle Marguerite-Tellier à Chicoutimi. De l’Islande à la Suède, en passant par la Norvège, Mme Salas veut comprendre comment ces pays sont devenus les pionniers en matière d’égalité des genres.
Un féministe bien engagé, avec des stratégies pour imposer le changement, ce film plonge les spectateurs dans une lutte de longue haleine. Mme Salas s’entretient avec plusieurs acteurs de la société scandinave, des politiciens, des dirigeants et plusieurs femmes qui ont fait une grande différence pour faire évoluer leur société. « Ça n’arrive pas par magie, c’est le fruit d’efforts et de pression sur les élus pour que ça change », déclare Anik Salas.

Anika Silas est aussi la réalisatrice du film La guerre des bleuets qui a remporté un Gold Remi Award. (Photo: centre de solidarité internationale Saguenay Lac St-Jean)
Dans les pays nordiques, les sanctions font une grande différence. Une compagnie qui ne respecte pas la parité hommes-femmes est soumise à une amende. « En Norvège, les conseils d’administration ont la possibilité de fermer une entreprise qui ne se conforme pas à la loi. Ce sont des règles sévères et concrètes qui font changer les choses», énonce la réalisatrice.
Les femmes au Canada doivent davantage être impliquées en politique et avoir une parité dans les partis. Certains organismes se battent actuellement pour une loi officielle au Parlement. « On a besoin de plus de femmes, et pas seulement des candidates : on veut des ministres avec des portefeuilles sérieux, avec l’argent et les ressources pour façonner la société », prononce Mme Salas.
L’Islande une inspiration
La grève des femmes en Islande en 1975 a permis de grands changements dans le pays. La gent féminine a laissé mari, enfants et emploi pour aller manifester dans les rues. Ce qui a permis une reconnaissance dans la société. Cinq ans plus tard, une première ministre est à la tête du pays, ce qui donne naissance à plusieurs femmes en politique. « Les femmes, lorsqu’elles ont brisé le plafond de verre, elles sont jamais revenues en arrière par la suite », révèle la féministe engagée.
L’impact direct dans les lois adoptées, les politiques mises en place et le fait d’avoir une première ministre au pouvoir pendant plusieurs années qui s’est intéressée à l’équité salariale et au consentement s’est fait remarquer dans le pays.
« Il faut arrêter de croire que c’est irréaliste », exprime Anik Salas. S’il y a une chose qu’elle veut que les gens retiennent du long-métrage, c’est que c’est possible au Canada aussi. Il y a de l’intérêt et déjà de grandes avancées. Elle mentionne les CPE qui permettent aux femmes de retourner sur le marché du travail. Le congé parental des hommes est d’autant plus important dans la dynamique familiale.

Ces trois pays, l’Islande, la Suède et la Norvège, ont été choisis comme références précisément parce que le rapport mondial sur l’écart entre les femmes et les hommes du Forum économique mondial les place presque toujours en tête de liste. ( Photo: Centre de solidarité international Saguenay–Lac St-Jean)
Les hommes dans la lutte
Dans le film, la réalisatrice présente l’initiative d’un groupe d’hommes suédois, Män International, qui lutte contre la masculinité toxique. Ils créent des groupes pour les jeunes pères, abordent la prévention de la violence et interviennent dans les écoles, les clubs de sport et les jeux vidéo pour donner la parole aux hommes et en faire des alliés.
Parce que la lutte pour l’évolution doit concerner et inclure les hommes, « le patriarcat dessert aussi les hommes, et nous ne réussirons pas si les hommes ne participent pas à ce changement social », affirme la conceptrice du documentaire.
La représentation sera gratuite et ouverte à la toute population.






