Surconsommation : l’économie circulaire est-elle la solution ?

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28 bénévoles et cinq employés travaillent à l’Éco-fripes Roussel. (Photo : Alexis Gauthier-Gagné) 

La surconsommation provoque la multiplication des sites d’enfouissement au Québec et partout dans le monde. Une situation « catastrophique », déplore le directeur adjoint des Éco-fripes Roussel, Carl Bolduc. Selon lui, une solution s’impose : l’économie circulaire.

Le professeur en sciences de l’environnement à l’Université du Québec à Chicoutimi, Patrice Faubert, présente ce concept économique comme une stratégie de circularité. « Le but, c’est d’optimiser l’utilisation des ressources et de réduire l’impact environnemental de nos achats. » Les friperies en sont un bon exemple.  

 Les quelque 28 bénévoles de l’Éco-fripes Roussel de Chicoutimi travaillent d’arrache-pied pour trier les objets donnés par des Saguenéens. Jeux de société, vêtements, articles de cuisine : tout passe par les mains des bénévoles qui s’assurent de la qualité des dons. Parfois, leur travail est malheureusement facilité, au désarroi des bénévoles. 

Autrefois massothérapeute, Carl Bolduc consacre maintenant sa vie au communautaire.  (Photo : Alexis Gauthier-Gagné) 

« Il y a des gens qui viennent nous porter des trucs qui ont encore des étiquettes dessus, comme des vêtements. Ça arrive fréquemment », se désole M. Bolduc. 

 Il arrive également que des citoyens viennent donner des objets à la friperie et en profitent pour en acheter davantage, une situation incompréhensible selon lui. « Je me dis, tu viens de te débarrasser du trop-plein. Pourquoi vas-tu te racheter quelque chose ? Arrête ! Les gens sont constamment en train d’acheter, acheter, acheter. »  

 En faisant visiter l’entrepôt de la friperie chicoutimienne, Carl Bolduc a présenté à La Pige la quantité de déchets accumulée par des dons jugés invendables, selon la friperie. À son échelle, ce mini-entrepôt représente la quantité « monstrueuse » de déchets dans les sites d’enfouissement du pays.  

À droite, la pile de poubelles représente les objets jugés invendables par la friperie. (Photo : Alexis Gauthier-Gagné)

Selon l’Institut climatique du Canada, les émissions de gaz à effet de serre ont atteint 694 millions de tonnes de CO2 pour l’année 2024 au pays.

Une industrie marginale, mais rentable au Québec 

Selon une étude réalisée par Aviseo Conseil, l’industrie de l’économie circulaire rapporte près de 1,2 milliard de dollars de chiffre d’affaires au Québec. Ce marché, qui représente plus de 1100 emplois dans la province, favorise les services de proximité régionaux. 

Selon le directeur général adjoint du Centre international de référence sur l’analyse du cycle de vie et la transition durable (CIRAIG) François Saunier, c’est un modèle d’affaires qui fonctionne et qui est demandé par la population.  

 « Il faut encourager des initiatives qui rendent ça accessible au plus grand nombre de personnes en termes de proximité et de facilité d’achat. Il faut également s’assurer que l’aspect économique reste un facteur intéressant pour la clientèle. Normalement, c’est quand même moins cher d’acheter des objets de seconde main. Il faut continuer à s’assurer que ça fonctionne bien », déclare-t-il en donnant comme exemple le nouveau centre commercial 100% consacré à la seconde main à Saint-Jérôme.  

 C’est Tricentris, la coop qui est à l’origine de ce projet. L’objectif est d’y accueillir 20 à 25 commerces. L’ouverture du centre d’achat est prévue début 2027. 

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