Les priorités de la jeunesse, vues par Jeanne Palardy

Jeanne Palardy fait partie des 13% des candidats aux élections provinciales âgés de 18 à 29 ans. (Photo : Mathieu Bisson)
Que répondent les partis politiques aux préoccupations des jeunes électeurs ? C’est ce que l’équipe de La Pige a voulu savoir. Dans cette série d’articles, nos journalistes sont allés à la rencontre de candidats de la région (à l’exception des conservateurs qui ont décliné l’invitation) et leur ont soumis cinq thèmes qui les interpellent et pour lesquels ils souhaitent entendre les candidats.
Environnement
Alors que les enjeux environnementaux semblent avoir été placés sur la touche depuis le début de la campagne électorale, Jeanne Palardy n’a pas oublié qu’il s’agit de « l’enjeu du siècle. »
« Je suis née en 1999 et, pendant tout mon parcours scolaire, ç’a été une question qui revenait sans arrêt. Dernièrement, on s’éloigne un petit peu de nos objectifs. »
Les objectifs en matière d’environnement de Québec Solidaire sont, d’ailleurs, bien définis. « On parle beaucoup de transports en commun ces temps-ci, puis on a quand même gardé des cibles de réduction des GES à 37,5% d’ici 2030 », précise la candidate dans Chicoutimi.
Fortement sollicitée sur le sujet par les jeunes depuis le début de la campagne, elle invite ceux-ci à rester optimistes quant à l’avenir écologique du Québec. « Si vous vous intéressez à l’écologie, c’est vraiment quelque chose qui vient vous chercher. Il faut pouvoir se mobiliser, trouver des gens qui ont cette vision-là, parce que c’est avec le nombre qu’on a le pouvoir. »
L’accès à la propriété
Il est impossible de cacher la crise du logement de nos jours. Pour Jeane Palardy, la hausse des loyers « n’a pas de bon sens. » Afin de mettre un frein à celle-ci, Québec Solidaire prévoit geler l’inflation reliée aux hausses à la location la première année et offrir des prêts gouvernementaux pour aider aux mises de fonds.
Construire et surtout rapatrier des logements du privé fait également partie de la solution. Mme Palardy prioriserait ainsi la construction de logements sociaux et communautaires pour épauler les étudiants étrangers et les personnes en situation d’itinérance.
Âgée de 27 ans, Jeanne Palardy considère l’accès à la propriété comme un enjeu préoccupant pour les jeunes, surtout en comparaison aux générations précédentes. « Moi, mes parents, ils ne se posaient même pas la question s’ils achetaient une maison. Ma génération, on est quasiment en train de mettre une croix sur notre désir de posséder une maison. Ce n’est pas normal », a-t-elle poursuivi avec conviction.
Rétention de la jeunesse en région
Garder les jeunes en région, ça passe par la qualité des services et des infrastructures, selon la candidate solidaire. « Il faut des CPE, il faut l’accès à la propriété, il faut un système de santé où il n’y a pas de l’attente à l’infini. »
La richesse du Saguenay-Lac-Saint-Jean vient également de son nombre considérable d’étudiants internationaux, une tranche de la population que Québec Solidaire veut garder en région. « À Québec Solidaire, on veut offrir un PEQ, un programme d’expérience québécoise spécifique aux régions. Pour les étudiants internationaux qui ont de l’expertise dans un domaine dont on a besoin, c’est de leur offrir une voie claire et sans obstacle vers la résidence permanente », explique la Saguenéenne d’adoption.
L’intérêt de la jeunesse envers la politique
Est-ce les jeunes qui ne s’intéressent pas à la politique ou la politique qui ne s’intéresse pas aux jeunes ? Pour la candidate dans Chicoutimi, la réponse est évidente : c’est la politique qui ne s’intéresse pas aux jeunes. « Il faut arrêter de dire que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique, ce n’est pas vrai », persiste Mme Palardy.
Elle-même jeune candidate, elle donnerait davantage de pouvoirs à l’Assemblée nationale aux jeunes, peu importe leur âge, leur expérience ou leur crédibilité. En fait, Jeanne Palardy veut miser sur des qualités complémentaires aux candidats plus âgés et expérimentés.
La recette pour attirer les jeunes n’a rien de surprenant. « Ce sont les réseaux sociaux, il faut les entretenir. Aller rencontrer les jeunes où ils sont, sur des campus, dans des écoles. […] C’est d’allumer la flamme le plus jeune possible. »
La culture chez les jeunes
Jeanne Palardy compare la culture à son Québec idéal de demain. « C’est d’arrêter de mettre la lunette [accent] sur l’aspect sur tout ce qui est profit, rentabilité et performance. Ça ne se mesure pas cette richesse-là. C’est important de miser sur la culture, c’est ce qui nous unit. »
Pour ce faire, Québec Solidaire entend offrir des filets de sécurité monétaire aux artistes, parce que « ce n’est pas parce que ton art n’est pas rentable qu’il n’a pas de valeur », précise Jeanne Palardy.






