L’industrie maritime : « un moteur économique »

Le système Saint-Laurent et Grands Lacs génère 22,3 G$ d’activité économique au Québec et soutient plus de 15 000 emplois. (Photo : Elsa Pierre)
L’équipe Christine Fréchette a présenté dimanche sa stratégie maritime, Horizon Saint-Laurent, qui vise à faire du fleuve un « moteur économique » du Québec. Les Armateurs du Saint-Laurent, qui représentent le transport maritime, soulignent cet effort de la CAQ, mais rappellent que les besoins et le potentiel de l’industrie sont bien plus grands.
« Ce qu’on a apprécié de l’annonce d’hier, c’est qu’il y a des montants assez importants prévus pour les infrastructures portuaires », affirme le président-directeur général des Armateurs du Saint-Laurent, Saul Polo. La Coalition Avenir Québec a annoncé 300 millions de dollars d’investissements dédiés aux infrastructures maritimes. Il avait d’ailleurs été question des besoins d’agrandissement et de modernisation dans l’Est du Québec au Rendez-vous des Armateurs jeudi dernier.
Les défis de l’industrie
M. Polo estime toutefois que cet investissement serait insuffisant.« Les besoins sont bien plus grands que ces montants-là. C’est une enveloppe qui est importante, oui. Mais il y a des besoins, pas seulement dans l’Est de la province, mais à travers l’ensemble des infrastructures portuaires au Québec. » Selon TVA Nouvelles, un projet d’agrandissement à Havre-Saint-Pierre est évalué à lui seul à plus de 150M$.
« Ce n’est pas seulement d’avoir des enveloppes budgétaires, quoiqu’elles soient très importantes. Il faut aussi une meilleure coordination entre les différents ministères, il faut que les projets soient adoptés plus rapidement », explique le PDG des Armateurs. Il déplore également l’absence d’un plan maritime financé au Québec.

« Le Saint-Laurent est notre porte d’entrée vers le monde. On doit utiliser pleinement cet atout pour diversifier nos marchés, attirer des investissements et créer de bons emplois dans nos régions » – Christine Fréchette. (Photo : Elsa Pierre)
Pour l’instant, la CAQ est le seul parti politique à avoir émis un engagement chiffré sur la stratégie maritime lors de la campagne électorale. Les Armateurs estiment que le Québec gagnerait à miser davantage sur notre « autoroute bleue ».
Les atouts du transport maritime
« On peut et on doit en parler davantage, compte tenu du souhait, autant au niveau du Québec que du Canada, de diversifier ses exportations vers d’autres marchés que les États-Unis. Et le corridor maritime est parfait pour ça, notamment les infrastructures portuaires vers les marchés européens et internationaux », soutient Saul Polo, qui rappelle que le Québec est la province la plus touchée par la hausse des tarifs américains.
Selon le PDG des Armateurs, le transport maritime est plus avantageux en termes de coûts, de capacité de transport et de prévisibilité des délais. « Il faudrait aussi reconnaître que ce mode de transport permettrait de contribuer de façon significative à la réduction des gaz à effet de serre », ajoute-t-il.
Saul Polo qualifie Horizon Saint-Laurent de « bon début ». Il pense tout de même que pour faire du fleuve Saint-Laurent un levier économique important, il faudra un « travail continu » de la part du parti au pouvoir le lendemain du 5 octobre.






