Discussion sur la liberté d’expression : comment parler de Trump ?      

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Les deux panélistes, la directrice de l’Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand, Élisabeth Vallet et l’animateur de radio à la barre de l’émission Tout un matin, Frédéric Tremblay.  

La place de Trump dans le paysage médiatique a été discutée jeudi soir, lors d’une causerie organisée par l’Observatoire de la liberté d’expression à l’UQAC. Sa présence « écrasante » dans les médias force les journalistes à réfléchir à l’espace qu’ils lui accordent et à la manière de raconter l’actualité. 

« Il y a constamment de la matière qui sort du tuyau. » C’est ainsi que l’animateur de radio, Frédéric Tremblay, compare la pression engendrée par Trump sur les médias. « Je ne sais pas ce qu’il prend, mais il garde le rythme », a constaté à la blague celui qui est à la barre de l’émission Tout un matin à Radio-Canada. Depuis son arrivée au pouvoir, le locataire de la Maison-Blanche a envahi la scène médiatique par ses déclarations. 

« Avant, ça ne me faisait jamais ça, mais maintenant, parfois, je dois éteindre la radio », a partagé la directrice de l’Observatoire de géopolitique de la Chaire Raoul-Dandurand, Élisabeth Vallet. Selon la chercheuse, la place de Trump dans les médias a provoqué « une fatigue » chez la grande majorité de la population. 

Repenser la couverture médiatique 

La grande quantité de déclarations à traiter force les journalistes à se questionner sur la façon de trier l’information. « Parfois, je me dis : est-ce qu’on doit vraiment tout traiter de manière égale ? », s’est questionné Frédéric Tremblay, en donnant comme exemple la volonté de Trump de renommer le lac Ontario « Lake America ». L’animateur a notamment remis en cause la nécessité de couvrir « pendant trois jours » ce genre de nouvelle. 

En plus de devoir requestionner la place qu’occupe Trump, les experts se sont aussi penchés sur les façons d’en parler. « Trump est facile à mettre dans le cycle des nouvelles, car il correspond au format rapide des courts clips », a lancé l’animateur Frédéric Tremblay, en soulignant que la radio est un format dans lequel l’information va très vite. Élisabeth Vallet remarque à son tour qu’à cause du modèle de diffusion, les médias couvrent souvent Trump de façon « superficielle ». Elle a amené les participants à s’interroger sur la viabilité des « formats rapides » et a tenu à souligner l’importance de parler de Trump en apportant une « profondeur géopolitique, historique ou philosophique ». 

Trump et son impact sur la liberté d’expression 

L’impact de Trump sur la liberté d’expression a constitué un autre sujet phare de la discussion. Selon les données recueillies par l’Observatoire de la liberté d’expression, Trump occupe 42 % des parts des personnalités les plus citées sur la liberté d’expression dans les médias au Canada, en 2026. Pour Régis Coursin, coordonnateur de l’Observatoire et organisateur de la causerie, non seulement Trump participe à la dégradation de la liberté d’expression, mais il attaque également « l’ensemble des libertés qui rentrent dans le parapluie de la liberté d’expression, comme la liberté de manifester et la liberté de la presse ». La chercheuse Élisabeth Vallet a plus tard rebondi en lançant un signal d’alerte. « Ici aussi, la liberté d’expression prise dans son ensemble est mise à mal par tout un tas de vagues et de mouvements », a observé la chercheuse. 

Quelques mots sur l’Observatoire 

L’Observatoire sur la liberté d’expression a comme rôle « de faire une veille des débats sociaux sur la liberté d’expression à travers les médias ici au Québec et au Canada », explique Régis Coursin. En plus de la recherche, l’Observatoire désire être « un acteur du dialogue sur la liberté d’expression » en organisant des projets pédagogiques, comme la causerie. L’Observatoire a été créé en 2020 et est hébergé à l’UQAC. 

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