L’hydrogène : un avenir encore possible pour les voitures

La première voiture à hydrogène de Toyota, la Mirai, était en essai lors de la Journée Hydrogène Québec. (Crédit : Yaël Mas Bourcier)
Le futur accueillera des véhicules motorisés à hydrogène, assurent plusieurs grandes entreprises. Bien que l’électrique soit devenu commun dans nos vies, des entrepreneurs travaillent fort pour fabriquer des moteurs offrant une solution différente, dite encore plus verte.
La voiture à hydrogène n’est pas une nouvelle invention dans le monde de l’automobile. La première a été créée en 1979 par le Français Jean-Luc Perrier. Cette façon de propulser un véhicule serait plus verte pour la planète, selon plusieurs.
La Journée Hydrogène Québec qui se tenait au Campus ABB à Montréal, en avril dernier, a permis à des ingénieurs d’exposer leurs inventions propulsées par hydrogène. Des maires, des entrepreneurs, des directeurs généraux et des investisseurs étaient présents pour assister à des panels de professionnels autour de l’avenir de l’énergie verte.
De la récolte jusqu’à la distribution, toutes les facettes du cheminement ont été expliquées pour brosser le portrait le plus précis possible de la place de l’hydrogène dans la société. Des experts se sont regroupés pour expliquer comment récolter, transporter et utiliser cet hydrogène, tout en installant une manière écologique.

Le Campus ABB à Montréal est situé à côté de l’Aéroport International Montréal-Trudeau. (Crédit : Yaël Mas Bourcier)
Une envie d’aller de l’avant
Le directeur régional du Québec de Toyota Canada, Patrick Ryan, rencontré entre deux conférences, explique que de produire des voitures à hydrogène est totalement possible. « On voyait qu’il y avait une envie, un engouement pour la décarbonisation. Les véhicules pleinement électriques branchables sont une solution. L’hydrogène en était également une et puis on s’est lancé dans l’aventure de faire de la recherche et développement. Ça fait des années qu’on y travaille. On a développé, en 2017, la première génération de la Mirai qui a été créée au Japon », s’exprime avec enthousiasme le directeur de la filiale québécoise.
Bien que l’idée n’ait pas plu à tout le monde au départ, surtout pour une question de coût, le développement continue. La Toyota Mirai, voiture exclusivement à l’hydrogène, permet un avenir « prometteur » pour l’entreprise japonaise, qui promet de ne pas mettre en danger les utilisateurs du véhicule. Car de telles voitures sont connues pour avoir un défaut majeur : une possibilité d’explosion. L’hydrogène est un gaz inflammable qui n’arrive pas à convaincre les investisseurs. En 2024, le moteur d’un bus en Corée du Sud a explosé alors qu’il fonctionnait à l’hydrogène. Trois blessés ont été recensés.
Reste que le savoir-faire pour alimenter les véhicules avec de l’hydrogène est déjà bien avancé, surtout dans le monde des poids lourds. Peterbilt, une entreprise américaine qui vend des camions partout en Amérique du Nord, a déjà implanté des piles à hydrogène pour aider le démarrage des moteurs. « L’hydrogène fait complètement partie du plan stratégique en ce qui concerne les transports lourds et de longues distances. On croit fortement en cette technologie », assure le directeur principal de la transition énergétique de chez Filgo, Wassim Kanso.
Cette alternative permet une réduction de gaz à effet de serre et un plus grand éventail de choix pour les citoyens québécois. Grâce à cela, le virage vert ne serait pas réservé à l’électricité. Un problème reste à régler toutefois, soit la production des batteries rechargeables. Bien qu’elles soient remplies d’une énergie dite bonne pour l’environnement, leur création n’est pas forcément verte.

Ce véhicule, propulsé à l’hydrogène, est censé battre des records de vitesse. (Crédit : Yaël Mas Bourcier)
Même si le stockage des bonbonnes d’hydrogène peut atteindre mille bars de pression, les bouteilles restent en acier à la base. Air Liquide Canada, la plus grande entreprise de distribution de bouteilles de gaz, utilise de l’acier inoxydable pour offrir une solution un peu meilleure pour l’environnement.
L’hydrogène pourrait donc devenir une ressource phare dans l’industrie automobile. Cependant, comme toute invention, il faudra encore du temps aux entreprises pour perfectionner son utilisation et la rendre sécuritaire.






