Vendredi fou ou achat local : où va l’argent des consommateurs ?

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Le Salon des métiers d’art du Saguenay–Lac-Saint-Jean en est à sa 46e édition et met en valeur le savoir-faire des artisans de la région. (Photo : Archive La Pige)

À l’occasion du Vendredi fou, les grandes enseignes multiplient les promotions le 6 novembre. Parallèlement, le Salon des métiers d’art du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui se tient du 5 au 8 novembre à l’Hôtel La Saguenéenne, à Chicoutimi, et propose une autre façon de magasiner : acheter local. 

« C’est un ancrage, en fait, sur le prix barré », explique une professeure de marketing à l’Université du Québec à Chicoutimi, Myriam Ertz. Selon elle, les consommateurs sont attirés autant par le produit que par l’impression de réaliser une bonne affaire. Les comptes à rebours, les stocks limités et les offres à durée limitée peuvent également créer un sentiment d’urgence et favoriser les achats impulsifs. 

Des pièces uniques 

À Petit-Saguenay, Marielle Huard et Julie Vanessa Tremblay, cofondatrices de la coopérative Minuit moins cinq, transforment des textiles récupérés en accessoires et vendent aussi des vêtements de seconde main. Certaines créations demandent jusqu’à une heure et demie de travail, sans compter la préparation des tissus. « Les gens souvent se disent : “Ah, c’est gratuit, ça doit être moins cher” », souligne Marielle Huard. Trier, laver, découdre et couper les matières demande du temps. 

Même réalité pour Gabrielle Thériault, designer-propriétaire de Sac Gabas. Chaque sac à main nécessite environ deux heures à deux heures et demie de travail. Elle participe rarement aux promotions du Vendredi fou : « Mes créations valent le prix que je les vends. » Les heures de travail et le matériel laissent peu de marge pour réduire les prix. 

Faire sa place dans un marché concurrentiel 

L’achat local peut avoir des retombées qui dépassent le produit acheté. Selon une donnée de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante citée par Myriam Ers, environ 66 cents sur un dollar dépensé dans une PME locale resteraient dans l’économie locale, contre 11 cents pour une multinationale. Les salaires et les achats auprès de fournisseurs contribuent ensuite à faire circuler cet argent dans la région.  

Chez Minuit moins cinq, l’activité permet de maintenir plusieurs emplois à l’année dans un village d’environ 600 habitants, tout en détournant près de six tonnes de textiles de l’enfouissement chaque année. Les cofondatrices ont d’ailleurs choisi de participer au Vendredi fou depuis l’an dernier pour rejoindre une clientèle à la recherche de bonnes affaires. Une façon de montrer que promotions et achat local ne sont pas incompatibles. 

Pour les artisans, le défi reste toutefois de faire connaître leurs créations. En plus de consacrer du temps à la production, ils doivent entretenir leur présence sur les réseaux sociaux, créer du contenu et trouver des moyens de se démarquer pour attirer les consommateurs. 

Des artisans sont présents au Salon des métiers d’art du Saguenay jusqu’au 8 novembre (Photo : Archive La Pige)

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