Body painting | Transformer un corps en œuvre d’art

Jean-Sébastien Smith ne se contente pas de faire de la peinture traditionnelle. Il pousse l’audace jusqu’à échanger les toiles vierges pour le corps d’une femme nue. Le jeune homme âgé de 22 ans pratique le passe-temps inusité qu’est la peinture sur corps, mieux connu sous le nom «body painting».

C’est en se promenant dans les magasins, il y a cinq ans, que le photographe et passionné de nouveaux défis a aperçu une peinture colorée d’une femme qui l’a soudainement inspiré. Il raconte, avec enthousiasme, qu’il s’est ainsi lancé, sans expérience, dans le monde de la peinture corporelle.

«C’est une discipline qui mélange la photographie et le maquillage tout en exposant le corps et les courbes féminins comme un atout artistique plutôt que sexuel», explique-t-il.

L’affiche du festival de cinéma Copie Zéro.

Photo à la main, Jean-Sébastien commente sévèrement son premier projet de body painting: l’affiche publicitaire du festival de films étudiants Copie Zéro. D’un ton beaucoup plus fier, il présente son projet personnel préféré: Calavera. Ses yeux s’illuminent, suivant l’esquisse d’un sourire satisfait, lorsqu’il dévoile la photo de son mannequin couverte de motifs tribaux.

«Pour mes projets, je m’inspire beaucoup des motifs africains, des guerriers et des formes géométriques. C’est ce que je préfère», raconte le diplômé en cinéma et étudiant en postproduction télévisuelle en ATM.

Voir au-delà des tabous

La problématique du tabou face à la nudité fait partie intégrante de cet art peu commun. Selon Jean-Sébastien, cette contrainte l’oblige à trouver des modèles complètement à l’aise avec leur corps. «Évidemment, les cinq premières minutes du processus sont plus gênantes, mais dès que la première couche de peinture blanche est appliquée, les gens se détendent et reprennent confiance.»

Pour la modèle de son dernier projet, Élise Lacombe, ce genre de photographie est un moyen d’exploiter toute la beauté d’un corps féminin.

«J’ai accepté de participer à cette séance photo parce que selon moi c’est une façon de dire aux femmes “aimez vous et assumez votre corps! Même avec ses imperfections, il reste magnifique“ », explique la mannequin qui se dit heureuse d’avoir expérimenté ce style de photographie.

Elle renchérit en soulignant l’importance d’apprendre à s’aimer. «Moi j’étais à l’étape d’accepter mon anatomie et ses défauts comme un art et j’espère qu’en me voyant m’affirmer, certaines pourront passer à l’étape de s’accepter devant leur miroir.»

Élise Lacombe lors de sa séance photo avec Jean-Sébastien Smith.

Pour ce qui est de ses prochaines réalisations de peinture sur corps, l’artiste a la tête pleine d’idées. Des duos, des illusions d’optique et peut-être même un court-métrage soumis au festival de l’Âme à l’Écran. Une chose est certaine, c’est que cette passion découverte il y a cinq ans brûle toujours chez Jean-Sébastien Smith.

À propos de Claudia Simard

Lorsque Claudia n’a pas la tête prise par les questions philosophiques, elle a les yeux rivés sur les documentaires et les articles scientifiques. Passionnée de science et de politique, cette Mirabelloise de 19 ans rêve de changer le monde en dénonçant les injustices en donnant une voix aux minorités incomprises. Sur un ton plus léger, la partie pétillante de Claudia tente sans cesse de faire rire tous et chacun tant par l’improvisation que l’animation. Après trois ans d’analyse à Sport en Direct, deux ans d’écriture dans le journal étudiant et un déménagement à 5h de chez soi pour le fameux programme en ATM, Claudia est toujours ambigüe face à son avenir. Toutefois, elle est confiante de trouver le domaine qui lui permettra de s’enrichir intellectuellement tout en aidant les autres.

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