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Le mouvement zéro-déchet gagne des adeptes

Assis à la cafétéria, un travailleur mange son repas: un sandwich dans un sac de plastique, des légumes enrobés de cellophane, un muffin, lui aussi emballé de pellicule plastique et une boisson gazeuse en canette. Dans un seul repas, cet employé a généré autant d’ordures qu’un adepte du zéro-déchet le ferait en un mois.

La tendance zéro déchet est un mode de vie qui vise à réduire, voire éliminer toute production de déchets. De plus en plus courante, cette pratique est l’une des options les plus en vogue pour réduire son empreinte écologique. Tendance qui gagne en popularité depuis 2013 à la suite de la parution du livre de Béa Johnson, investigatrice du mouvement.

La propriétaire de l’épicerie zéro-déchet de l’arrondissement de La Baie, Isabelle Grenon, est consternée de l’état vers lequel le monde se dirige. «Quand tu fais le tour, tu te rends compte que la planète ne va vraiment pas bien», se désole-t-elle.

Le 1er août dernier, la planète a atteint le seuil de dépassement écologique. Ce qui signifie que toutes les ressources qui se renouvellent en un an ont été utilisées… en sept mois.

La Baieriveraine souhaite vivre un changement drastique en ce qui a trait aux habitudes de consommation. «D’ici quelques années nous allons voir un changement dans les industries, elles vont s’adapter à la demande du client.» Elle précise que si chacun se lance dans l’utilisation de contenants pouvant servir plusieurs fois, les entreprises devront éliminer les contenants à usage unique.

Selon Isabelle Grenon, une prise de conscience s’impose et c’est en posant des gestes au quotidien que le zéro-déchet peut s’appliquer de manière graduelle. Pour sa part, elle confectionne ses cosmétiques avec des produits qui se retrouvent dans le gardemanger. De cette façon, elle sait exactement ce qu’elle met sur son corps et c’est une première façon d’éradiquer certains déchets. Elle collecte aussi les plateaux de styromousse pour ensuite aller les porter à la Régie des matières résiduelles du Lac-Saint-Jean.

La jeune femme magasine uniquement dans les friperies et achète ses meubles de seconde main sur des sites de revente. Évidemment, la propriétaire de l’épicerie en vrac encourage les contenants réutilisables et c’est ainsi qu’elle produit, pour tout le magasin, environ un sac de déchet chaque trois semaines.

«C’est venu naturellement», témoigne de son côté la propriétaire de la boutique zéro-déchet La Réserve d’Arvida qui ouvrira dès automne, Vanessa Gauthier. Initiée au zéro-déchet de façon modérée, elle a manifesté davantage son intérêt après le visionnement d’un documentaire sur l’état de la planète et de la destination des déchets. «Je me suis conscientisée en remarquant les emballages jetables, une fois que tu le sais, tu les remarques partout. De cette façon tu peux facilement les diminuer», raconte-t-elle.

Compostage

La boutique de produits naturels Le Soleil Le Vent, sur la Saint-Dominique à Jonquière, se c o n s i d è r e zéro-déchet sur le plan organique. «Le zéro-déchet est subjectif, il existe différents niveaux. Depuis 35 ans, la boutique utilise la technique du compostage», souligne le propriétaire, Laurice Nadeau. Pour éviter de gaspiller, les aliments crus deviennent du compostage et sont utilisés comme engrais. Ils évitent alors le site d’enfouissement.

Selon le site poubelleprovince.radio-canada.ca, 50 % du bac de récupération n’est pas recyclé alors que 90% du contenu de la poubelle est recyclable ou compostable.

Les adeptes estiment que le zéro-déchet est un mouvement un peu marginal pour certains, mais qui sera bientôt nécessaire pour tous. «C’est une question de volonté, c’est un effort de plus. Il faut se dire que de toute façon tout le monde devra le faire puisque l’on vit à crédit sur nos ressources», signale Mme Grenon.

À propos de Camille Lalancette

Camille Lalancette est une apprentie journaliste qui rêve d’oeuvrer dans les médias spécialisés en agriculture. Fille d’agriculteur, elle prévoit s’inscrire au baccalauréat en agronomie de l’Université Laval pour jumeler son intérêt de la communication à l’agriculture, son berceau depuis sa tendre enfance. Originaire de Rochebaucourt, petit village de l’Abitibi-Témiscamingue, elle souhaiterait revenir s’installer dans sa région natale. Son arrivée à Jonquière lui a donné une certaine autonomie et l’a initiée à de nouveaux genres musicaux. Camille aimerait être reconnue pour son amour de la culture québécoise, son enthousiasme et sa vivacité d’esprit.

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