vendredi , 27 novembre 2020
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Hypocrisie collective

 

Photo : Jérémie Camirand | Les conclusions tirées de l’enquête réalisée par La Pige sont accablantes : près de 40% des gens ne se désinfectent pas les mains.

Quatre personnes sur dix ne se désinfectent pas les mains dans les centres commerciaux de la région. Pas besoin de chercher bien loin pour comprendre pourquoi le Saguenay-Lac-Saint-Jean traine de la patte à l’échelle provinciale. Une écoeurantite aiguë saupoudrée d’un zeste d’hypocrisie et voilà le résultat: une zone rouge.

À la suite d’une enquête réalisée avec rigueur par l’équipe de La Pige,  ce sont exactement 38,7% des citoyens qui évitent la borne de désinfectant à l’entrée des centres commerciaux de la région. En seulement deux heures, 162 personnes ont omis de se laver les mains. Hallucinant, accablant.

Le 13 mars dernier, le Québec se confinait. Huit mois plus tard, la situation a certes évolué, mais n’a pas changé. Depuis le 13 mars, le gouvernement a instauré une foule de mesures afin de limiter les dégâts. Huit mois plus tard, on ne semble pas avoir compris.

Le port du masque, la distanciation, la désinfection, c’est déshumanisant. Pendant une aussi longue période, c’est d’autant plus difficile, mais ce n’est pas en faisant fi des mesures gouvernementales, en faisant la sourde oreille à la science et en privilégiant la fierté individuelle à la lucidité collective que la COVID-19 disparaîtra.

Cette défiance bornée envers le consensus scientifique et le protocole sanitaire est absurde et lâche, rien de moins. Non seulement certains s’efforcent de ne pas suivre, certains se donnent la peine, la lourde peine, de ne pas assumer leur geste.

Ce que nos journalistes ont relevé sur le terrain, ce sont des personnes qui se défilent effrontément devant l’évidence même de leur erreur. Des gens qui refusent que l’on se donne une chance, en tant que société, de se sortir de cette crise qui a fait, rappelons-le, plus de 6 000 décès à l’heure actuelle au Québec.

Cette hypocrisie indécente offre un pénible constat: si la barque ne change pas rapidement de direction, il y en aura d’autres, des morts.

Et la cerise sur le sundae, le CIUSSS et Place du Royaume refusent de commenter la situation. Pour quelle raison? Lourdeur administrative ou mauvaise foi? Qu’importe, c’est inquiétant. Finalement, ce n’est peut-être pas que la population qui se voile la face…

Ah oui! En passant, QAnon, Donald Trump et les Illuminatis, ce n’est plus d’actualité. La science et la vie, ce l’est.

À propos de Jérémie Camirand

Jérémie Camirand
Jérémie Camirand, 19 ans, est originaire de Montréal, là où il a pu compléter ses études primaires et secondaires avant de se joindre au programme Arts et technologie des médias du cégep de Jonquière. Humble défenseur et grand amoureux de notre langue française, ce n’est que tard dans sa vie que Jérémie s’est découvert un vif intérêt à l’endroit des mots et de leur beauté. À l’aide de sa plume qui acquiert une précieuse expérience avec les années, Jérémie se passionne pour les enjeux importants de notre société, de politique, d’arts et de sports. À l’emploi pour les Saguenéens de Chicoutimi à titre de gestionnaire des réseaux sociaux depuis 2019, Jérémie voue un intérêt particulier envers le hockey. Toutefois, avec les années, le partisan aguerri qu’est Jérémie s’est transformé citoyen affable de changements qui, avec une grande ambition, tentera de le provoquer.

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