Sport professionnel | Le Royaume de la démesure

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En 1993, Maurice Richard, alors chroniqueur pour La Presse, s’insurgeait contre les 30 millions $ sur trois ans que devait obtenir Wayne Gretzky à partir de la saison suivante. Vingt-six ans plus tard, le Rocket se retournerait dans sa tombe s’il voyait les salaires faramineux offerts aujourd’hui aux sportifs professionnels.

«Aucun homme ne vaut 10 millions $ par année, si excellent soit-il dans sa sphère», écrivait alors Richard. Si les meilleurs hockeyeurs de la LNH touchent aujourd’hui un revenu similaire à celui de Gretzky à l’époque, c’est une tout autre histoire pour les vedettes de soccer, de basket-ball ou de baseball. Lionel Messi, le joueur étoile du FC Barcelone est l’un des mieux payés d’entre tous avec un revenu brut de plus de 100 millions d’euros en 2018.

Pourtant, ces vedettes ne font que répondre à un besoin de divertissement. Ils n’éduquent personne, ils ne sauvent pas de vies, ils ne font pas «évoluer» les choses. Ce sont des joueurs, ils jouent, tout simplement. En comparaison, un médecin spécialiste au Québec gagne, en moyenne, «seulement» 429 000 $ annuellement, selon Radio-Canada.

L’argument voulant que le salaire pallie la courte carrière des athlètes est de moins en moins solide. De nos jours, en plus d’être protégés par un syndicat, la plupart d’entre eux ont un fonds de pension pour prévenir une retraite hâtive. Sans compter que beaucoup de ces sportifs ont un avenir dans l’univers de leur sport même lorsqu’ils accrochent leurs patins ou leurs crampons. Don Cherry, Patrick Lalime, Guy Carbonneau, Zinedine Zidane, Tony Romo et Anthony Calvillo en sont des exemples parmi tant d’autres. 

D’un autre côté, les principaux acteurs de l’augmentation incessante de la rémunération des joueurs sont les amateurs qui acceptent de dépenser des sommes de plus en plus indécentes pour assister aux événements sportifs. On n’a qu’à penser aux billets du Superbowl qui s’élevaient jusqu’à 600 000 $ US l’unité cette année. Et dire que Maurice Richard prédisait qu’un jour, «les billets seraient si chers qu’ils ne se vendraient plus».

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