Coexister au Saguenay-Lac-Saint-Jean: savoir composer ce grand « puzzle » humain

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Quatre intervenants de différentes ethnies et cultures ont dialogué sur l’inclusion au Québec, tout en composant avec ses singularités lors du « Mardi du vivre-ensemble » organisé par le collectif Coexister au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Une question existentielle s’est prêtée à la discussion : comment la majorité doit apprendre à vivre avec les minorités ?

« Nous, Québécois, somme une minorité par rapport à l’entièreté de la population de l’Amérique du Nord, mais une majorité par rapport à différents groupes ou ethnies qui vivent au Québec. C’est de notre devoir de développer une meilleure attitude, notamment en région, afin que les minorités puissent s’épanouir », souligne le cofondateur du collectif Coexister au Saguenay–Lac-Saint-Jean, Jocelyn Girard.

Autour d’une table ronde virtuelle, une Autochtone, un Noir, un Québécois et un Musulman ont défendu leurs intérêts.

Plus d’une trentaine de personnes étaient présentes à la discussion virtuelle.

« C’est une question justement de vivre-ensemble et les problématiques au Canada actuellement reposent sur des enjeux historiques, politiques et juridiques. On ne reconnaît encore que deux peuples fondateurs. Les Autochtones on se sent donc plus compris par les minorités qui arrivent ici, que par le Québec. On nous considère encore comme des parias », s’est confiée la représentante de la nation autochtone Hélène Boivin.

Le désir de faire un trait sur l’histoire et de composer avec les impacts socioculturels qui ont mené à la discrimination systémique et la répression culturelle a été évoqué. Cependant, un travail d’inclusion et d’écoute est toujours de mise au Québec et au Canada d’après les participants.

« La tourtière du Lac-Saint-Jean j’y ai goûté et les oreilles de truc… j’y ai goûté pour m’imprégner du Québec. J’ai fait découvrir ma religion en retour. L’influence des catastrophes internationales où les musulmans sont partie prenante, on nous y associe. Vous êtes musulmans, vous êtes porteur de cette violence. Non ! On doit apprendre à s’ouvrir au lieu d’être toujours sur la constante défensive et faire une distinction », a partagé le représentant de la communauté musulmane Boufeldja Benadbdallah.

Favoriser les rapprochements et donner voix aux groupes qui doivent encore s’affirmer et s’imposer pour se faire entendre a été la clé de la rencontre.

« On ne peut pas nier qu’il y a du racisme au Saguenay–Lac-Saint-Jean. Parfois il y a même de la xénophobie. C’est en notre pouvoir de se montrer accueillant dans notre région et de laisser place à de nouvelles perspectives », enchaîne Jocelyn Girard.

La volonté d’une société diversifiée où chacun est reconnu dans sa propre identité face à une majorité souvent indifférente, résume bien le discours mis en lumière lors de la soirée.

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