Journée de la femme : encore une nécessité

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Humiliation du corps (bodyshaming), taxe rose, compétition et iniquités salariales, les raisons sont nombreuses pour que la Journée de la femme soit encore célébrée le 8 mars prochain. 

Les influenceuses ont eu la vie dure dans les derniers mois alors qu’elles ont été dénigrées par les hommes comme par les femmes. Geneviève Pettersen et Benoît Dutrizac ont reproché à Elisabeth Rioux de s’étaler sur les réseaux sociaux alors qu’elle avait révélé être victime de violence conjugale. Plus récemment, Marie-Lyne Joncas a jugé les femmes qui montrent leurs fesses sur Instagram dans un podcast.

Le phénomène de bodyshaming entre femmes est expliqué par l’éducation de la société patriarcale. « Ça date de l’époque où les femmes devaient faire un bon mariage. Ça a induit une grande compétition entre les femmes et cet esprit de compétition devant le regard des hommes est resté », a mentionné la professeure en études littéraires et féministes à l’UQAC, Anne Martine Parent.

Même constat dans les publicités sexistes. « Dans la publicité on place la femme dans une position de subordination par rapport à l’homme, comme ça les femmes demeurent passives dans leur sexualité », a souligné l’enseignante en travail social à l’UQAC et membre du Réseau québécois en études féministes, Catherine Flynn.

Doubles standards

 Malgré la compétition, un mouvement de solidarité dans la communauté féminine commence à prendre place. Toutefois, la femme qui réussit intimide toujours. « Les femmes qui sont très performantes dans leur travail et qui sont très affirmées vont être présentées comme des collègues moins agréables que des hommes qui présentent les mêmes compétences », a affirmé Catherine Flynn.

L’expérience Heidi vs. Howard de la Columbia Business School démontre que la femme qui réussit bien professionnellement est beaucoup moins aimée que l’homme. Deux CV identiques ont été présentés à des étudiants, mais un de ceux-ci était au nom de Heidi et l’autre au nom de Howard. Tous ont cru que les deux personnes étaient aussi compétentes l’une que l’autre, mais Howard avait l’air plus agréable qu’Heidi. Certains des répondants ont cru que la femme était plus agressive seulement en lisant son CV.

La société attend de la femme qu’elle soit plus empathique et féminine. Ainsi, on l’oriente généralement vers un choix de carrière qui lui permettrait de prendre soin des autres. Une femme dans un milieu typiquement masculin est donc considérée comme plus agressive.

Les métiers dits plus « traditionnels » pour la femme sont moins payants. Selon Statistiques Canada, un homme fait en moyenne 23 $ de plus qu’une femme, chaque jour, équivalant à un écart moyen de 4 000 $ par année. Pour chaque dollar fait par un homme, une femme gagne en moyenne seulement 87 cents.

Pourtant, le coût de la vie est plus élevé pour la femme. Les magazines tentent de les convaincre qu’elles ont besoin d’un quelconque produit de beauté. Les produits d’hygiène féminine, comme les tampons et les serviettes sanitaires, sont taxées, car ils ne sont pas considérés essentiels. Les produits pour femmes coûtent plus cher que ceux pour hommes. Par exemple, la même paire de jeans de marque Levi’s coûte 68,99 $ dans la section des hommes et 112,68 $ dans la section des femmes.

Certains pays ont toutefois pris des mesures pour remédier au problème. Des pays scandinaves ont aboli la taxe rose. En novembre dernier, l’Écosse a même rendu gratuits les produits d’hygiène féminine.

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