Manque de personnel infirmier : les solutions ne font pas l’unanimité

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Les infirmières de la région ne sont pas convaincues de la « petite révolution » proposée par François Legault. Pour elles, il s’agit plutôt de « poudre aux yeux ». Ce plan d’un milliard de dollars suggère diverses solutions pour attirer et inciter les infirmières qui font du temps plein à rester.  

Le gouvernement Legault a annoncé quatre solutions principales pour répondre aux besoins et aux demandes du personnel infirmier du réseau de la santé du Québec : l’augmentation des travailleurs à temps plein grâce à des primes incitatives allant de 12 000 à 18 000 dollars, l’ajustement et la réduction réaliste du temps supplémentaire obligatoire (TSO), des changements majeurs dans la gestion des horaires et l’embauche massive de personnel administratif. 

L’agente syndicale du secteur chicoutimien de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), Isabel Baron, explique en entrevue que même si le plan semblait bien au départ, il ne correspond pas à leur demande. « Nous ce qu’on a demandé, ce sont des conditions de travail et elles sont inhumaines en ce moment », ajoute-t-elle.  

Selon les objectifs du gouvernement, les incitatifs financiers qui ont été proposés devraient permettre à 75% des infirmières actives ou retraitées du réseau à passer au temps plein. En ce moment, c’est plutôt 60% de celles-ci qui travaillent à temps complet. Pour plusieurs infirmières du milieu, ces objectifs sont tout sauf réalistes. « Le monde ne reviendront pas pour 15 000 dollars et ça ne règle pas le problème, les filles ne veulent pas de temps complet », explique une infirmière travaillant pour le CIUSS qui préfère garder l’anonymat.  

Pour ce qui est de la fin du temps supplémentaire obligatoire, l’ajout de personnel devrait aussi permettre de répondre, en partie, à cette demande importante des syndicats. « On parle de pouvoir réduire le temps supplémentaire de manière très importante, car il faut rester réaliste », nuance le premier ministre. Le problème, pour plusieurs infirmières, c’est que travailler cinq jours par semaine rime aussi avec une plus grande probabilité de devoir faire du TSO. 

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