Les « Buy Sell Trade » : une nouvelle méthode de consommation

210
0
Partagez :
Couturière
Couturière

La couturière de Rose Coco, Claudie Laisné, est en train de confectionner des couches lavables.
Photo : Léa Gendron

Acheter un produit d’une entreprise, puis le revendre sur le site de la même compagnie, sans que celle-ci ne fasse de profit. C’est ce principe novateur que la PME baieriveraine Rose Coco a choisi d’utiliser avec son groupe Facebook de type « Buy Sell Trade » (BST).

« Le but des BST au départ est de retrouver facilement des produits usagés quand tu aimes une marque », affirme l’adjointe au marketing de Rose Coco, Émilie Ciarlo. Sur la page BST de Rose Coco, il est possible de retrouver une communauté de parents qui s’intéressent aux couches lavables. La compagnie profite de celle-ci pour parler de ses promotions, faire des tirages et annoncer des nouvelles en primeur.

L’entreprise utilise aussi cette plateforme pour tâter le pouls de ses acheteurs. « Ça nous permet de savoir ce que notre clientèle aime ou aime moins. Quand on sort un nouveau produit ou que l’on veut s’améliorer, on sait où aller poser nos questions », explique Mme Ciarlo.

Il est plus facile d’étudier les potentiels acheteurs d’une marque avec les BST, selon le professeur de marketing à l’UQAC, Damien Hallegatte. « C’est de l’information de première main sur les besoins des consommateurs que l’on pourrait avoir difficilement dans des études de marché classiques », soutient-il.

Ayant comme but d’aider l’environnement, le BST de Rose Coco permet également aux parents de parler de leurs défis quotidiens. « On parle un peu de maladie mentale, de dépression post-partum. Ma patronne Marianne Simard et moi l’avons vécu, alors on essaie d’aider d’autres mamans. On nous a beaucoup écrit pour nous remercier à ce propos », confie Émilie Ciarlo.

Les BST seulement aux petites compagnies ?

Damien Hallegatte doute que ce phénomène dépasse les PME. « Je n’ai pas de difficulté à croire que des petites entreprises puissent avoir des motivations altruistes. Mais si de grosses entreprises avaient des pages de « Buy Sell Trade », je vous dirais que c’est seulement pour leur gestion d’image », déclare-t-il. Le professeur de marketing trouve que les BST sont similaires aux communautés de marques qui existent depuis une vingtaine d’années.

Ce phénomène émergent proviendrait des États-Unis et du Canada anglophone. « Je sais qu’il existe d’autres BST pour les confectionneuses du Québec comme Little Yogi qui fait des vêtements évolutifs pour enfants », souligne Émilie Ciarlo.

Partagez :