Nouveau foyer d’accueil pour les femmes sans-abris

Les itinérantes sont de plus en plus nombreuses au Saguenay, mais les places en établissements d’accueil sont encore limitées (Photo : Justin Escalier)

Un projet temporaire d’hébergement pour les femmes en situation d’itinérance devrait voir le jour sous peu au centre-ville de Chicoutimi. À plus long terme, l’objectif est d’ouvrir une maison exclusivement dédiée aux itinérantes, à l’image de la Maison d’accueil des sans-abris de Chicoutimi, qui est seulement réservée aux hommes.

Le projet temporaire devrait voir rapidement le jour pour parer au plus urgent, à savoir fournir un lieu d’hébergement de 20h le soir à 7h le matin pour les femmes en difficulté pendant l’hiver. Cette solution provisoire devrait prendre fin en juin 2022. C’est ce qu’a confirmé à La Pige la directrice générale de la maison d’accueil Le Rivage de La Baie, Carole Tremblay. Si les subventions de Québec arrivent rapidement, le futur établissement d’accueil pourrait quant à lui ouvrir ses portes dès 2023, dans le centre-ville de Chicoutimi.

            Les solutions inexistantes sont inadaptées

À l’heure actuelle, des lieux d’accueil mixtes existent bel et bien, mais ne sont pas les plus sécurisés pour les femmes car malgré un encadrement de la part du personnel, des débordements et des agressions sont toujours possibles. « Tous les ans, on a des histoires sordides », déplore Carole Tremblay.

La sécurité est la principale préoccupation de ces femmes, à tel point que nombre d’entre elles choisissent la voie de la prostitution et « échangent leur corps contre la sécurité d’un proxénète », selon Mme Tremblay. Roxanne Gervais, qui travaille au Service de rue de Chicoutimi, brosse un portrait-type des itinérantes saguenéennes : des femmes âgées de 20 à 50 ans, qui se sont retrouvées à la rue en raison de problèmes socio-économiques, comme la hausse des loyers ou la pandémie, et qui souffrent fréquemment de troubles psychologiques ou de problèmes de consommation de drogue.

Une cohabitation parfois difficile 

La maison d’accueil Le Rivage n’avait pas pour vocation d’accueillir des itinérantes à l’origine, mais la réalité du terrain a forcé des adaptations. Dédié à l’accueil des femmes victimes de violences conjugales et de leurs enfants, l’établissement les fait côtoyer des femmes sans-abris, qui n’ont pas les mêmes besoins ni les mêmes problèmes.

La cohabitation est parfois houleuse au sein de l’établissement, qui peut accueillir jusqu’à 46 personnes. « Certaines itinérantes peuvent avoir des soucis d’hygiène qui peuvent gêner les autres. À l’inverse, la présence d’enfants peut être un vecteur d’anxiété pour certaines d’entre elles », explique la directrice de Rivage.

De nouveaux défis 

Les travailleurs sociaux des différents établissements d’accueil de Saguenay doivent aussi s’adapter à de nouveaux défis. Roxanne Gervais a constaté une nette augmentation des itinérantes qui ne parlent qu’anglais. « C’est une nouveauté d’en avoir autant cette année et on n’est pas réellement formés à parler anglais dans le cadre de notre métier. »

À la maison d’accueil Rivage, les travailleurs sociaux sont confrontés à une recrudescence de locutrices autochtones, surtout Innues ou Atikamekw. Mais l’institution est soutenue par le Centre d’amitié autochtone, qui facilite les communications. La formation des travailleurs sociaux dans d’autres langues que le français devrait toutefois être un enjeu pour les prochaines années.

 

À propos de Justin Escalier

Fraichement débarqué depuis le Sud-Ouest de la France, Justin est venu satisfaire sa soif de nouvelles expériences en s’installant au Saguenay. Curieux et avide de découvertes, il cherche avant tout à faire de nouvelles rencontres et à apprivoiser une nouvelle culture. Il n'a donc pas hésité une seconde et a saisi l'opportunité de venir s'installer à 6000 km de chez lui. Si sa volonté de devenir journaliste est venue tardivement, Justin a toujours été fasciné par les métiers de l’écriture, au point de rêver de devenir écrivain depuis sa plus tendre enfance. Biberonné aux journaux satiriques, il s'est lancé dans le journalisme sur le tard en intégrant une formation universitaire technologique à Vichy, après un début de parcours universitaire cahoteux. Il avait alors un objectif en tête : publier ses articles dans l'un des hebdomadaires les plus connus de France, le Canard Enchainé. Ni le froid, ni la charge de travail, ni les difficultés ne font peur à ce passionné de politique et de littérature, qui a fourbi ses armes au sein de la radio Totem, une station diffusée dans la moitié sud de la France. Cette expérience lui a permis de découvrir les coulisses d'un média local. Ne sachant pas de quoi demain sera fait, il reste ouvert à toutes les opportunités qui se présenteront à lui.

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