Six policiers par jour sont victimes de voies de fait au Québec

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L’une des régions du Québec les plus touchées par cette augmentation est le Saguenay—Lac-Saint-Jean. L’itinérance et l’intoxication des citoyens dans un contexte d’intervention policière sont certaines pistes prises en compte.

 

Six policiers ont été victimes de voies de fait tous les jours au Québec en 2022. Une augmentation de ce genre d’incident est notée dans presque toutes les régions du Québec, notamment au Saguenay—Lac-Saint-Jean, selon les données fournies par l’Association des directeurs de police du Québec (ADPQ).

Une conférence de presse a eu lieu le vendredi 3 novembre à l’atelier de musique de Jonquière pour diffuser pour la première fois des données comptabilisant les agressions physiques aux policiers. Il a bien été expliqué par l’ADPQ, que les données de cette étude sont à prendre avec une marge d’erreur. Les données sont peut-être légèrement à la baisse selon le directeur général de l’ADPQ, Didier Deramond. « On a regardé les chiffres. Il y avait un travail aussi avec la cueillette d’informations. Il a fallu aller faire la cueillette manuellement dans chacun des services de police. On a travaillé fort. Le chiffre réel est surement plus élevé que celui qu’on vous a mentionné », explique M. Deramond.

Ce sont 2286 policiers qui sont victimes de la violence physique envers le corps policier en 2022. Il s’agit d’une augmentation de 205 cas entre 2021 et 2022. Dans le Saguenay—Lac-Saint-Jean, c’est une augmentation de 15 cas entre 2021 et 2022 et 25 cas entre 2020 et 2023. Beaucoup de chiffres pour expliquer une hausse « inquiétante ». « Lorsqu’un individu  commet un voie de fait contre un policier, il envoie non seulement un message de non-respect de la fonction policière, mais également des lois qui encadrent notre société. Et ça, c’est inquiétant », explique le vice-président de l’ADPQ et directeur du Service de police de la Ville de Québec, Denis Turcotte.

Valoriser la fonction policière

L’une des solutions serait la valorisation de la fonction policière. Cette conférence, incluant plusieurs directeurs de police de régions différentes, a eu lieu à Jonquière dans le cadre de la diffusion de la 10e capsule qui implique deux policiers de la Ville de Saguenay qui ont été victimes en 2003 d’une fusillade. Ces capsules ont comme objectifs de « faire découvrir l’humain derrière l’uniforme » et de « mieux faire connaitre le quotidien des policiers », entre autres.

183 coups de feu

Le policier impliqué dans la fusillade à Saguenay en 2003, Denis Gagné a reçu, avec sa collègue de l’époque, Sophie Claveau, un total de 183 balles. M. Gagné explique qu’à l’arrivée sur les lieux, sa collègue a reçu trois projectiles qui ont atterri dans la portière de Mme Claveau. Ils se sont ensuite barricadés en arrière de la roue. « À partir de ce moment-là, on a eu une pluie de projectiles qui s’est abattue sur nous autres », témoigne Denis Gagné. Les deux policiers confirment ne garder aucune séquelle majeure quant à cet événement et affirment avoir eu l’aide psychosociale nécessaire.

La capsule en plus des neuf autres capsules sont disponibles sur les réseaux sociaux de l’ADPQ.

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