Les déjeuners de l’allaitement : convivialité et pas de pudeur !

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Les déjeuners ont lieu tous les ans aux mêmes dates et aux mêmes lieux depuis 2008. Pour y participer, il faut s’inscrire en avance sur le site de Triolait. Photo: Lisa Tourniaire

Faire changer la vision sur l’allaitement maternel en le rendant sans tabou et sans gêne, tel était l’objectif de Triolait. Cet organisme communautaire a organisé son troisième déjeuner de la semaine à l’occasion de la Semaine mondiale de l’allaitement maternel (SMAM), vendredi 4 octobre de 9h à 11h à l’hôtel Delta de Jonquière. Une matinée conviviale et sans retenue.   

Tourniaire Lisa  

2434588@etu.cegepjonquiere.ca  

La Semaine mondiale de l’allaitement maternel (SMAM) est célébrée tous les ans du 1er au 7 octobre. Triolait, un organisme communautaire, organise tous les ans depuis 2008, à sa création, trois déjeuners, le mercredi à la Baie, le jeudi à Chicoutimi et le vendredi à Jonquière. Ces déjeuners mettent à l’honneur l’allaitement et l’importance du lait maternel dans le développement des bébés.  

Le rendez-vous annuel des mamans, et des pro-allaitement  

Les déjeuners permettent de rassembler les mamans qui le souhaitent et de proposer un lieu sain et bienveillant dans lequel tout le monde est le bienvenu. Ce sont 350 participants en tout qui se sont rejoints cette semaine. Les déjeuners ne sont pas ouverts seulement aux membres permanents de Triolait, ils sont accessibles à toutes les personnes le souhaitant. Cela peut être des mamans, enfants, parfois même des papas et des conjoints ou simplement des personnes qui soutiennent l’allaitement et qui veulent participer à des évènements pour le mettre en avant et le rendre visible.  

Et ici, pas de place pour la gêne ou la honte. Toutes celles qui le souhaitent allaitent tranquillement pendant la matinée. Parfois, en public, c’est plus compliqué. Pour Karine Bélanger, la directrice de Triolait, la route pour normaliser l’allaitement est encore longue. « Les mentalités ont évolué, certes, mais beaucoup ont de l’appréhension quant à l’allaitement en général et surtout sur le fait de le faire en public ». 

Karine Bélanger, directrice de Triolait. Pour elle, lintérêt d’organiser un déjeuner comme celui-là, c’est d’offrir un espace bienveillant pour les mamans. Photo: Lisa Tourniaire

Un espace de bienveillance et de conseils 

Pendant le déjeuner, plusieurs employées et intervenantes sont venues discuter avec les participantes. Elles posent des questions sur leur état, leurs angoisses etc… Une des participantes, Camille Filion, est médecin dans une clinique de Chicoutimi. Pour elle les questions liées à l’allaitement sont importantes et méritent d’être entendues et traitées pour faciliter l’arrivée du bébé. Enceinte de maintenant 37 semaines et demie, un ventre bien tendu : l’accouchement approche. Mais pour son 3e enfant, les angoisses ne sont plus les mêmes, l’appréhension est réduite. « Mes deux premiers allaitements ont été compliqués, insuffisants et stressants. Mais je ne perds pas espoir, toutes les grossesses sont différentes, tous les allaitements le sont aussi ! »  

Ce genre d’évènement permet de créer des liens. Dans la salle, les enfants jouent et rigolent au milieu des tables. Des jeux sont installés et une photographe professionnelle prend de beaux clichés des participants. Chacun discute, échange, parle, allaite, porte son bébé, s’occupe de ses enfants. L’atmosphère est bruyante mais surtout chaleureuse et conviviale, les participants se sentent bien, en sécurité. Elles ont toutes eu des expériences et des ressentis différents, pouvoir en parler permet de les rassurer.  

 

Des organismes qui prône l’accompagnement des mamans  

Triolait, dont les locaux sont situés sur le boulevard de l’Université du Québec à Chicoutimi, organise d’autres évènements et activités afin de faciliter l’allaitement mais plus largement, afin d’aider les mamans et futures mamans. Une « halte allaitement » est organisée tous les jeudis pour les mamans afin de se rencontrer et de jaser. Des rencontres prénatales en ligne sont proposées pour préparer l’arrivée du bébé et la possibilité de l’allaitement. Un nouveau volet « portage » est mis en place avec l’aide de monitrices pour apprendre à porter des enfants, mettre des foulards de portage et acheter ou louer du matériel également. Un stand était installé au déjeuner pour celles qui le souhaitaient.  

Un autre stand, invité par Triolait, mettait en avant le don de lait. Il s’agit d’ Héma-Québec, la banque publique de lait maternel. Valérie Dumais y est infirmière. « Le don s’adresse aux mamans qui produisent parfois trop de lait durant leur première année d’allaitement et qui peuvent donc en faire don, dans des conditions précises », affirme-t-elle. Ce don est généralement envoyé dans les unités néonatales des gros hôpitaux, pour les grands prématurés entre 24 et 32 semaines, notamment à Québec et Montréal.  

Au-delà de son côté naturel, le lait maternel est riche en nutriments et apporte tout ce dont un bébé a besoin pour sa croissance. Noémie Brassard le souligne « il ne faut pas avoir honte d’allaiter, même en public. On donne simplement à manger à notre bébé, pour qu’il soit en bonne santé » !   

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