La reconversion professionnelle, un pari pour suivre sa passion

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Stéphane Simard en plein atelier de découverte à l’astronomie. (Photo courtoisie Stéphane Simard)

Avec un monde du travail en perpétuelle évolution, une question se pose pour certains : et si, après des années dans le même métier, il était temps de changer de voie ? Stéphane Simard, un ancien professeur d’éducation physique, a décidé à cinq ans de la retraite de quitter la sécurité de l’enseignement pour se consacrer à la vulgarisation de l’astronomie.

M.Simard, aujourd’hui vulgarisateur en astronomie, a mis de côté une carrière bien établie dans l’enseignement pour se lancer dans un domaine qui l’a soudainement piqué. Ce choix s’est accompagné d’une prise de risque importante, notamment sur le plan financier. « Là tu te retrouves du jour au lendemain sans salaire. J’ai dû puiser dans mes économies pour subvenir à mes besoins, ne serait-ce que pour payer les factures » raconte-t-il. Profondément attaché à son projet, l’ancien professeur est clair avec ces idées. « Je suis pas un carriériste, je suis vraiment un passionné. Quand tu es passionné, tu ne te rends même pas compte que tu travailles. »

L’observation de Jupiter a été une révélation pour Stéphane Simard, le poussant à se lancer dans l’astrophotographie et à partager sa passion avec ses élèves. (Photo courtoisie Stéphane Simard)


Conseillère en orientation à L’Allié-Education, Claudia Lalancette regarde d’un bon œil ces réorientations et y voit une évolution logique des choses. « Je pense qu’avant, dans le temps de nos parents, de nos grands-parents, on avait un emploi, on savait exactement ce qu’on allait faire. […] Aujourd’hui, on évolue sans cesse, puis on ne voit plus ça comme un choix pour toute la vie. »

Une passion confrontée aux réalités du marché

Bien que passionné, l’ancien professeur n’a pas été épargné par les défis de la reconversion. Sa situation est devenue d’autant plus complexe avec l’impact de la pandémie de COVID-19, qui a freiné ses projets en limitant l’accès aux établissements scolaires, son principal public cible. « Mes animateurs, qui étaient des personnes retraitées, avaient peur d’aller dans les écoles. » De plus, malgré sa popularité grandissante, son émission Chasseur d’étoiles en collaboration avec Radio-Canada n’a pas pu être renouvelée pour une troisième saison, une déception qui a marqué un tournant difficile. « Là, j’ai dû me poser la question : est-ce que je continue ce projet ? Est-ce que je prends le risque de tout lâcher ? »

Claudia Lalancette connait parfaitement cette question. « Certaines personnes pourraient voir ça comme un échec et dans ce cas être un peu plus malheureux à ne pas savoir où ils s’en vont. Faire le pas, ça peut tellement être stressant que beaucoup restent dans leur emploi. D’autres au contraire vont aimer ça prendre ce risque-là et voir à long terme. »

La précarité, un obstacle commun, mais surmontable

La précarité est souvent au centre des craintes des personnes souhaitant se reconvertir. M. Simard a même envisagé, par moments, de reprendre un emploi plus stable pour pallier l’incertitude financière. Il est resté fidèle à son rêve, convaincu que cette décision, bien qu’elle ne soit pas la plus rentable immédiatement, lui apporterait sur le long terme une qualité de vie et une satisfaction qui n’ont pas de prix.

Pour Mme Lalancette, la précarité financière est un facteur important, mais pas paralysant. « Au niveau salarial, on peut aller regarder différentes statistiques, Statistique Canada ou Emploi-Québec, tu peux connaitre la fourchette de salaire. Parce que oui, sortir de sa zone de confort, ce n’est pas quelque chose qui est facile, mais je pense que quand même, avec une bonne préparation c’est possible. »


De la passion à la conviction : un avenir à construire

Le mordu d’astronomie reconnaît que la transition a été marquée par des doutes et des sacrifices, mais il reste fermement attaché à son choix. « C’est difficile de se faire confiance, de se dire : “Si j’y mets toute mon énergie, ça va finir par se débloquer.” » Aujourd’hui, il est convaincu que son entreprise lui permettra, à long terme, de vivre confortablement tout en répondant à sa passion pour l’astronomie. « C’est ça qui est difficile dans l’entreprise, c’est de dire de se faire confiance […] je suis convaincu que je vais être gagnant. »

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