Augmentation du prix du bœuf : un défi pour les producteurs et les restaurateurs


Crédit photo : Nicolas Roy
Selon Statistique Canada, en mai 2017, le prix du bœuf haché par kilogramme coûtait 10,10 $ tandis qu’en septembre 2024, il est passé à 12, 96 $ au Québec.
Le prix des côtes du bœuf a grimpé de 26 % en un an, d’après Statistique Canada. Plusieurs producteurs et restaurateurs du Saguenay–Lac-Saint-Jean éprouvent des difficultés en raison de cette hausse.
« Le coût des intrants a monté, on parle du diesel, de l’alimentation, des taux d’intérêt et des tracteurs qui sont de plus en plus chers, indique la copropriétaire de la Ferme Boviga à Saint-Ambroise, Diane Proulx. À cause de tout ça, les producteurs locaux de viandes doivent monter les prix s’ils veulent vendre leur viande sur le marché. À ce moment-là, les gens trouvent ça plus cher aussi et l’on va chercher moins de monde. On a une clientèle qui répond moins bien, donc on a une baisse de la clientèle. »
L’une des causes de la hausse de l’augmentation du prix du bœuf est les sécheresses en Amérique du Nord. « À cause de la problématique des sécheresses à l’échelle nord-américaine, les producteurs américains ont baissé beaucoup leur cheptel d’animaux ce qui crée une rareté et qui a fait monter la demande pour des animaux. Les producteurs de bœuf n’auront pas le choix d’augmenter leur coût de la viande », affirme le propriétaire de la Ferme Lavoie à Chicoutimi, Nicolas Lavoie.
Il n’y a pas que le coût du bœuf qui pourrait être affecté. « À mon avis, l’un des problèmes liés à la production de bœuf, mais aussi à celle du porc et du poulet réside dans la quantité importante de grains nécessaire pour nourrir des animaux. Cette production engendre des coûts externes qui à ce jour, ne se retrouvent pas dans le prix du poulet et du porc », déclare Nicolas Lavoie.
Les conséquences de cette augmentation vont se faire sentir au-delà de la hausse des prix en épicerie. Selon Diane Proulx, cette augmentation du prix du bœuf haché pourrait mener à des fermetures partout au Québec. « Nous on a racheté une ferme qui a fait faillite, mais c’est sûr que le prix du bœuf impacte beaucoup sur les petites fermes. En parlant avec nos directeurs de compte et de la caisse, c’est sûr qu’ils remarquent eux aussi que les liquidités sont moins là pour les fermes. Tout le monde est dans le même bateau. »
Les restaurateurs locaux au Saguenay–Lac-Saint-Jean ne sont pas épargnés par cette crise. Chez le commerce de mets préparés Chef Extra à Saguenay, la propriétaire Cathy Fortin est craintive, mais reste optimiste pour la suite des choses. « Je suis très inquiète, car j’ai eu une augmentation du prix de vente de 30 %. Cependant, je dois jeter une attention particulière à la négociation du prix d’achat. » Du côté du restaurant Aux Deux As à Chicoutimi, la hausse du prix du bœuf complique la production du menu. « On a de la misère à faire nos menus à cause de cette augmentation-là. Il faut s’ajuster auprès de nos clients, on est en train de faire de nouveaux plats pour répondre à la clientèle », avance le copropriétaire du restaurant Aux Deux As à Chicoutimi, Charles Roberge.






