Féminicide de l’École polytechnique : le CALACS rend hommage aux victimes

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« Les femmes ont besoin de savoir qu’elles ont le droit de dire non et de respecter leurs limites », assure la travailleuse sociale Véronique Vallée.

Trente et un an près le drame survenu à l’École polytechnique de Montréal, le Centre d’aide et de lutte contre les agressions à caractères sexuelles (CALACS Entre elles) de Saguenay soutient  que la lutte contre les violences faites aux femmes est encore d’actualité. Au Saguenay—Lac-Saint-Jean, une femme sur trois est victime de crime et seulement 5% sont pris en compte par le système judiciaire.

Le Québec, a toujours été une société en retard en ce qui concerne les droits de la femme, d’après le CALACS et Véronique Vallée, une travailleuse sociale en approche féministe intersectionnel. D’ailleurs, la gent féminine est la principale cible des violences et des crimes sexuelles : 89% des victimes dans la province sont des femmes.

La question a été abordée pendant un café-rencontre virtuel, dimanche. Une vingtaine de participantes ont pu échanger sur le sujet et observer pendant près de deux heures le problème d’inégalité des femmes dans la société occidentale.

La loi du silence

« Dans la culture occidentale, les gens ne sont pas des victimes, ils sont des gagnants. Même dans les films, on voit que les héros sont des blancs », observe Karla, une participante à la discussion. Le groupe de femmes remarque que la raison qui explique pourquoi ces violences persistent, est qu’elles sont ancrées dans la culture québécoise. « Déjà petite, on me disait de faire attention aux messieurs, comme s’il fallait s’attendre d’être une victime, parce qu’on est des femmes », raconte Véronique Vallée.

Au Québec, très peu de cas sont pris en charge, et les violences faites aux femmes demeurent un sujet tabou dans les conversations. D’après le CALACS et la travailleuse sociale invitée, il y a de l’ignorance à ce sujet, car il y a de la banalisation. C’est ainsi que la culture du viol et de l’agression est alimentée, en passant sous la loi du silence.

De victime à survivante

On remarque aussi la connotation négative du mot « victime » dans le langage. « Les victimes se responsabilisent des actes qu’elles ont vécus, car nous avons trop banalisé ça (es violences faites aux femmes ensemble » continue Mme Vallée. Pour Guylaine Boivin, qui fait partie du CALACS, le mot « survivante » est préférable et elle explique : « L’évènement ne fait pas partie de nous, il est survenu en dehors de nous. »

 

 

 

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