Rio Tinto songe à ranimer le site de résidus de bauxite de Laterrière

Située au cœur d’Arvida, au Complexe Jonquière, l’Usine Vaudreuil est la seule usine au Canada à extraire de l’alumine à partir de la bauxite et fournit 65 % de l’alumine régionale. (Photo : Émil Lavoie)
Afin de prolonger la durée de vie de l’Usine Vaudreuil, Rio Tinto envisage d’étendre et d’exploiter à nouveau le site de disposition de résidus de bauxite de Laterrière, en service de 1968 à 1989. Près de 13,8 millions de dollars seront investis pour le déroulement de l’étude de préfaisabilité déjà en cours et qui s’achèvera en mai.
« Le site de Laterrière offre des perspectives à long terme pour la raffinerie d’alumine de Vaudreuil. Présentement, ce qu’on a, ce sont des perspectives de 50 à 100 ans, ce que n’offrait pas le boisé Panoramique », a expliqué le directeur des opérations de la raffinerie Vaudreuil, Robin Bouchard.
Robin Bouchard affirme que, bien que l’acceptabilité sociale du projet au boisé Panoramique ait été prise en compte par Rio Tinto, elle n’a pas motivé principalement la rétraction de la multinationale. (Photo : Émil Lavoie)
L’exploitation d’un nouveau terrain permettant la gestion et l’entreposage des résidus de bauxite est nécessaire puisque le site d’Arvida d’une superficie de 2,48 km2 carrés utilisé depuis 1936 atteindra sa capacité maximale en 2031.
Indispensable à la vitalité de l’Usine Vaudreuil, la réalisation des travaux d’expansion du site de Laterrière est prévue de 2029 à 2031.
Lors de la séance d’information du 28 janvier, Rio Tinto a présenté devant plus de 150 personnes les motivations qui poussent l’entreprise à écarter partiellement le projet sur le site du boisé Panoramique. Toutefois, même si toutes les études y ont cessé, le site demeure une solution de contingence puisque la faisabilité du projet à Laterrière n’est pas garantie.
Devant une salle comble, la cheffe aux projets stratégiques à l’Usine Vaudreuil, Annie Bourque, et son collègue Robin Bouchard ont répondu aux questions des citoyens. (Photo : Émil Lavoie)
Pourquoi maintenant ?
Selon M. Bouchard la situation de l’Usine Vaudreuil a changé. Auparavant, Rio Tinto ne pouvait pas assurer la pérennité de la raffinerie d’alumine au-delà de 25 ans.
« Vaudreuil a traversé différents cycles et aujourd’hui elle s’est démarquée à travers l’échiquier mondial par sa production d’alumine à faible empreinte carbone et en termes de coût de production en tonnes d’alumine. C’est pour ça qu’aujourd’hui, Vaudreuil est vue comme une entité pour le long terme. »
L’évolution de la technologie permettant la filtration des résidus est aussi directement liée à la mise à niveau du projet puisqu’elle élargit l’offre de transport
Du mouvement, de la poussière et du bruit
L’aménagement d’une carrière aux abords d’un lac de bauxite permet de diminuer la circulation de camions lourds sur les routes avoisinantes et de fournir les matériaux nécessaires aux travaux. (Photo : Émil Lavoie)
Dès ce printemps, des travaux seront réalisés sur le site de Laterrière situé à 1,6 km de la résidence la plus proche. Pour se soumettre aux normes GISTM (norme industrielle mondiale pour la gestion des résidus miniers) et pour soutenir une possible augmentation de production, Rio Tinto entreprendra l’aménagement d’une carrière, l’adoucissement des pentes des digues, l’élargissement du chemin d’accès, le réaménagement de l’entrée et de la sortie, le remplacement de la station de pompage ainsi que le remplacement et l’enfouissement de la conduite d’eau.
Cet été, entre 50 et 70 millions de dollars seront injectés afin de renouveler et de rendre opérationnelle à l’année la conduite d’eau de 13 km qui achemine l’eau de contact des bassins pour la traiter dans les installations du Complexe Jonquière.
L’investissement comprend également le reprofilage des digues en vue de stabiliser le site.
À l’automne 2025, des tests débuteront au site et des résidus de bauxite y seront acheminés à raison de transport par camion tous les 3 à 4 minutes, entre 7h et 19h, pendant 3 mois et ce sur une période de 3 ans. Le directeur des opérations justifie ces futurs démarches. « Il faut voir si on peu mettre des résidus filtrés par-dessus le site qui est déjà là-bas et pour ça, il faut démontrer que le résidu déjà installé va bien répondre lorsqu’on va déposer des résidus par-dessus »
Les citoyens ont exprimé leurs préoccupations lors de la période de questions. Plusieurs s’interrogent sur l’impact du déplacement des véhicules lourds et des effets des travaux sur l’environnement.
Pour le moment, le projet n’est pas soumis à une évaluation du BAPE. D’ailleurs l’entreprise n’a pas encore sollicité l’autorisation du ministère de l’Environnement, de la Lutte contre les changements climatiques, de la Faune et des Parcs (MELCCFP) pour exploiter l’ancien site d’entreposage des résidus de bauxite de Laterrière.
À ces sujets, l’entreprise industrielle affirme analyser les options optimales pour éviter tout inconfort aux résidents à proximité des opérations et promet un retour plus précis lors des prochaines séances d’information et d’échanges qui se tiendront à la fin des mois de février et d’avril.






