Les centres de données : maître chez nous ?

Les centres de données des géants du web tels que Méta, Google et Microsoft sont fonctionnels 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24. ( Photo : Google, libre de droit)
Une première cartographie des centres de données révèle que le Québec ne représente qu’une goutte d’eau dans la Manic-5 comparativement aux centres de données implantés par les géants américains sur notre territoire. L’étude, réalisée en collaboration avec le Collectif numérique responsable et soutenable (NRS) et CoLab, s’interroge sur l’utilisation de nos ressources hydroélectriques au profit de multimilliardaires américains.
Le Québec compte 72 centres de données. Parmi ceux-ci, seulement 30 sont détenus, en partie ou en totalité, par des entreprises canadiennes. Présentement, c’est à peine un tiers de la puissance maximale de l’ensemble des centres de données, soit 1488 mégawatts, est utilisé par des centres détenus par des entreprises canadiennes. La puissance maximale représente la valeur la plus élevée d’énergie consommée par ces centres de donné et non celle réellement utilisé.
« C’est clairement une production hydroélectrique qui bénéficie à des propriétaires étrangers ou américains », affirme la directrice générale de CoLab, Aurélie Pinceloup. Des géants américains comme Google et Microsoft détiennent à eux seuls une quarantaine de centres de données au Québec.
Cette industrie représente actuellement 3,1 % de la consommation totale d’électricité au Québec. Une proportion qui devrait « fortement augmenter avec l’accélération des projets numériques ». Neuf projets sont actuellement en cours, tandis que trois autres sont en construction.
Le principal objectif de cette cartographie est « d’éclairer l’opinion publique » sur ces mines de données. La carte permet notamment de connaître leur localisation, leurs actionnaires ainsi que la quantité d’électricité qu’elles consomment.
Pour la souveraineté numérique
« Développer les centres de données de manière raisonnable, durable et intelligente : il faut que cela se fasse sur le sol canadien », plaide Mme Pinceloup.
Selon elle, le fait de détenir ces centres de données au Québec représente un important avantage. Plutôt que de voir nos données être hébergées aux États-Unis, les lois canadiennes permettraient de mieux assurer leur protection.
« Ne pas être soumis aux lois américaines, telles que le Cloud Act, nous permet de nous assurer que nos données sont en sécurité. »
Cette loi américaine permet notamment aux autorités américaines d’exiger l’accès à certaines données détenues ou contrôlées par des entreprises américaines, même lorsque celles-ci sont stockées à l’étranger.
Mme Pinceloup estime que davantage de centres de données devraient être détenus par des entreprises québécoises. Elle souligne toutefois que leur présence sur le territoire québécois représente déjà un avantage important en matière de souveraineté numérique.
Le Québec : le Saint-Graal des centres de données
Le Québec possède plusieurs des ressources nécessaires au développement et à l’exploitation des centres de données. Notre hydroélectricité, offerte à un coût relativement faible, notre climat favorable au refroidissement des infrastructures et notre expertise reconnue dans le domaine numérique font du Québec un territoire particulièrement propice à leur implantation.
Un rapport complet est actuellement en cours de rédaction et devrait être publié d’ici la fin octobre.
Pour visiter la carte, il suffit de se rendre sur le site Internet du Collectif numérique responsable et soutenable.






