Grève CPE : jamais deux sans trois

Alors que les négociations peinent à avancer, les 13 000 travailleuses des CPE et membres de la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), affiliées à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) ont tenu une deuxième journée de grève ce jeudi 6 février.
En octobre dernier, la CSN a voté à 94 % en faveur d’une banque de cinq jours de grève. Bien que la CSN ne souhaite pas se rendre là, l’absence de progrès dans les négociations a laissé présager le contraire.
La présidente du Syndicat des centres de la petite enfance et des bureaux coordonnateurs de la région, Nathalie Duperré, a annoncé ce jeudi qu’il y aura une troisième grève le 17 février prochain.
« L’objectif n’est pas de faire cinq grèves. C’est un moyen de pression envers le gouvernement, mais si les filles sentent que ça n’avance pas assez, elles vont les utiliser », a déclaré Nathalie Duperré.
Même si les discussions ont avancé à « pas de tortue », la première journée au front a eu des impacts positifs sur les CPE de la région.
« Il y a eu beaucoup de visibilité, on a passé dans les médias, la population et les parents ont envoyé plein de bons commentaires à la suite de ça. Cependant, au niveau de la négociation nationale, ça n’a pas donné de changement majeur », a expliqué la conseillère pédagogique au CPE des Minimousses et trésorière à l’exécutif du syndicat régional, Monika Villeneuve.
La CSN a eu quelques discussions avec le gouvernement au courant des derniers jours, « mais rien de concluant ».
« Il [le gouvernement] entend ce qu’on a à dire, il comprend, mais est-ce qu’il y a une ouverture de répondre à ça et d’être en mode solution, non », a ajouté Monika Villeneuve.
Au Saguenay Lac-Saint-Jean, ce sont plus de 31 CPE et 800 membres du personnel qui sont affectés par les négociations.
« On veut que ces grèves montrent qu’on ne lâchera pas le morceau et que tant qu’il n’y a pas d’avancement qui nous démontre qu’ils tiennent à nous, on restera dehors. On attend que le gouvernement nous donne son petit cadeau », a livré la responsable en alimentation au CPE de la Sagamie, Christine Simard.

Le Centre de la petite enfance de la Sagamie fait partie des 31 CPE de la région en grève. Photo : David Veillette.
Rappelons que les travailleuses réclament une charge de travail moins lourde, de meilleurs salaires, des primes lorsqu’elles travaillent en régions éloignées, de meilleurs ratios enfants-éducatrice et un meilleur soutien pour les jeunes ayant des besoins particuliers.
Le support des parents de la région est très apprécié par les travailleuses des CPE et elles vont essayer de leur rendre la pareille.
« Oui on le fait pour nous. C’est un peu un cri du cœur. Ce qu’on cherche ce sont des avantages sociaux et ce sera bénéfique pour les enfants et les parents, car ils vont en bénéficier parce qu’ils vont avoir plus d’aide et d’heures pédagogiques », a conclu Christine Simard.






