Le cocktail « Angelot » : plus de 150 bars et festivals canadiens l’adoptent

(Photo : Sofia Lépine) Le restaurant La Belle et La Bœuf possède des cartes et des dépliants pour informer sa clientèle de l’existence du programme.
Plus de 150 bars et établissements canadiens ont intégré le programme d’accréditation « Commande un Angelot » poussé par le Collectif social. Cet organisme a comme but de lutter contre la violence sexuelle dans les espaces festifs.

(Photo : Emil Lavoie) Cette cause tient à cœur à Noémie Paré, qui a été victime de la drogue du viol à 18 ans.
Un Angelot, aussi connu sous le nom de « angel shot » est un faux cocktail qu’un client peut commander lorsqu’il se sent mal à l’aise ou lorsqu’il est témoin d’une situation d’harcèlement. C’est une manière discrète d’avertir un serveur ou un barman de son inconfort. Celui-ci saura comment gérer la situation de manière sécuritaire et contrôlée.
« On essaye d’être là pour nos clients pour qu’ils se sentent en sécurité. On n’est pas des intervenants, mais on essaye d’être plus présent pour tout le monde », souligne Noémie Paré, directrice du restaurant La Belle et La Bœuf de Chicoutimi. Des affiches sont accrochées sur les murs et dans les salles de bain du restaurant pour informer les clients de l’existence du protocole.

(Photo : Sofia Lépine) Une accréditation est valide durant deux ans.
Le restaurant La Belle et La Bœuf est un des sept établissements à Saguenay qui ont suivi la formation du Collectif social. Pour recevoir ce titre, une rencontre avec une personne responsable de l’accréditation est nécessaire pour signer une entente. Puis, le personnel du bar ou du festival doit suivre une formation pour recevoir une accréditation. Le lieu accrédité obtiendra du soutien et de l’information en continu de la part du programme.
« C’est un fléau qu’on a, peu importe le bar », mentionne la directrice. Selon elle, la drogue du viol est une problématique bien présente dans les bars de la région. Lorsqu’un client commande un Angelot, la procédure est la même. « On le prend en charge, on s’assure de l’amener dans un safe place [place sécuritaire] et de tout de suite l’orienter vers des intervenants qui sont plus spécialisés que nous. », lance-t-elle.

(Photo : Sofia Lépine) La prochaine édition du festival La Noce se passera du 3 au 5 juillet prochain.
Lors des formations, les établissements font face à des mises en situation et à un protocole rigoureux. « C’est vraiment pour aiguiser les réflexes du staff [personnel], de savoir reconnaitre le harcèlement, à quel moment on doit intervenir et comment », précise l’organisateur du festival de musique La Noce, Fred Poulin. L’événement est accrédité depuis l’année dernière. « Ça venait d’un désir de s’assurer que nos festivaliers soient dans un endroit sécuritaire pour qu’ils se sentent à l’aise de venir célébrer des concerts et s’amuser au festival, indique M. Poulin. Les agents de sécurité sont formés, les staffs bar sont formés, les bénévoles… C’est au-delà de 200 personnes qui suivent la formation. »
L’organisateur précise que cette formation n’est pas gratuite, mais que s’accréditer en valait la peine. « C’est dans nos valeurs de base, on a une attitude passive et inclusive », soutient-il. Les festivaliers peuvent recueillir de l’information sur le programme Angelot par le port de macarons, par Internet et sur le site de l’événement lors de l’achat d’un billet.






