La cote R : une énigme anxiogène

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Des élèves étudient à la bibliothèque du Cégep de Jonquière.

Les résultats scolaires après la deuxième session peuvent remettre en question l’objectif de carrière chez certains étudiants. (Photo : Alice Méthot)

En cette fin de session au collégial, plus d’élèves font de l’anxiété de performance. L’incompréhension de la cote R (cote de rendement) et les demandes d’admission à l’université sont des facteurs de stress chez les étudiants.

Alice Méthot

Les psychologues remarquent que les étudiants se mettent beaucoup de pression par rapport à leurs notes. « Il y a plus de diagnostics de santé mentale aujourd’hui », précise la psychologue du Cégep de Chicoutimi, Diane Fortin. Lors des fins de session et des périodes d’examens, il y a une recrudescence d’anxiété. « Les étudiants viennent en grand nombre aux services psychosociaux du Cégep », ajoute-t-elle. C’est le même constat chez les conseillers d’orientation. « Plus la session avance, plus on retrouve des gens stressés, anxieux de leurs notes. Ça peut avoir un impact sur les demandes d’admission [à l’université], surtout quand on veut opter pour des programmes contingentés », observe le conseiller d’orientation du Cégep de Jonquière, Alexandre Beauchamp.

Pendant leur parcours, certains élèves réalisent que leur cote R n’est pas à la hauteur de leurs ambitions. Il peut devenir plus difficile de remonter les notes après la troisième session, soutient l’aide pédagogique individuelle (API) au Cégep de Jonquière, Méguann Maltais Desmeules. « Si dès la première session, l’étudiant réalise que le Cégep est plus exigeant, il faut rapidement faire des petits ajustements. On peut réajuster nos méthodes de travail, aller chercher de l’aide dans les centres d’aide. […] Tout ça peut avoir une influence positive sur les résultats et sur la cote R. »

Le stress provient entre autres d’une certaine ignorance face à la cote R. « Les élèves ne connaissent pas pleinement ce que ça implique, comment le calcul est fait, quel sera l’impact pour la suite de leur parcours après le cégep », explique le conseiller d’orientation. Son rôle est alors de renseigner et de dédramatiser le calcul de notes pour rassurer les collégiens. Aussi, il faut relativiser l’utilité réelle de la cote R chez chaque élève. « Des fois, je vois des étudiants qui stress par rapport à leur cote R, mais qui ne visent même pas des programmes [universitaires] contingentés », ajoute l’API.

Seulement une douzaine de baccalauréats demandent une cote de rendement supérieure à 30. La plupart des programmes universitaires sont atteignables facilement pour la majorité des collégiens. Sciences de la nature et Sciences, lettres et arts sont toutefois des programmes où les étudiants visent plus souvent le domaine de la santé à l’université. La pression est donc plus grande et il y a un stress supplémentaire. Pour la première fois cette année, les services d’orientations du Cégep de Jonquière ont organisé des mini-entrevues pour mieux préparer les étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études en médecine.

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