Olympiques spéciaux : une « famille » de sportifs tissée serrée

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Un des athlètes fait un abat.

Serge Gagnon, qui est aussi responsable de l’athlétisme, du soccer et de la raquette, pousse ses protégés à se dépasser. (Crédit : Zachary Sanche)

La délégation saguenéenne des Olympiques spéciaux est prête à en découdre à la compétition de Granby cet été, sans pour autant laisser le plaisir de côté. Ses athlètes se sont réunis, fin avril, pour un entrainement au salon de quilles Bool à Arvida.

Les allées sont toutes prises par des familles et groupes d’amis chaussés des classiques chaussures rouges. Les bruits d’abats et de dalots résonnent dans l’espace. Plus loin, sur les quatre dernières allées, un important contingent des Olympiques spéciaux arpente les parquets.

Tout sourire, ses membres présentant une déficience intellectuelle ou un trouble du spectre de l’autisme (TSA) discutent et rient ensemble. Ils n’ont peut-être pas leurs uniformes sur le dos, mais ce sont bel et bien des athlètes.

« La valeur principale [des Olympiques spéciaux], c’est de développer par le sport ces personnes ayant une déficience pour qu’ils puissent se surpasser, participer et par le fait même, avoir une meilleure santé », explique le coordonnateur régional des Olympiques spéciaux Québec, Éric Desbiens.

Entre compétitions et rencontres

« Là, y’ont hâte de challenger », confie la cheffe de mission Martine Olivier.

Si certains sont là pour s’amuser, d’autres veulent tout gagner. « Y’en a aussi qui se surpassent parce qu’il y a un petit niveau de compétition, et y’en a qui vont jusqu’aux [mondiaux] », indique M. Desbiens.

Olivier Martel, par exemple, s’est rendu à Los Angeles en 2015 où il a remporté une médaille de bronze.

« C’est vraiment incroyable parce qu’on découvre d’autres athlètes. […] Tu crées des liens avec eux », raconte le Jonquiérois de 27 ans.

Patrick Rondeau, membre depuis près de deux ans, est un quilleur expérimenté, mais il demeure nerveux à l’approche de ses tout premiers Olympiques spéciaux, qui se dérouleront du 6 au 10 août prochain. « Peut-être que les allées ne seront pas pareilles qu’ici », soulève-t-il.

Sous l’œil attentif de leur entraineur-chef, Serge Gagnon, les athlètes répètent les techniques que celui-ci leur a enseignées, et qu’il n’hésite pas à corriger. Le principal intéressé affectionne particulièrement cette clientèle. « Ce qui m’a attiré, c’est leur authenticité. Ils sont vrais. Quand ils n’aiment pas, ils n’aiment pas. »

L'entraineur-chef Serge Gagnon aide une membre non-voyante.

Serge Gagnon, qui est aussi responsable de l’athlétisme, du soccer et de la raquette, pousse ses protégés à se dépasser. (Crédit : Zachary Sanche)

Le sport, école de vie

Éric Desbiens s’est lancé dans l’aventure pour sa fille Coralie. Depuis le jour où un de ses amis l’a invitée à voir le groupe, elle ne l’a jamais quitté.

Martine Olivier accompagne quant à elle sa fille dans des compétitions depuis plus de 20 ans.

« Je voulais faire bouger Catherine. Je suis allée voir les clubs sportifs. Je leur ai dit : “Voulez-vous travailler avec elle? Il faut qu’elle bouge, il faut qu’elle apprenne à parler à d’autres personnes” », explique-t-elle.

C’est plus tard qu’elles ont découvert les Olympiques spéciaux et qu’elles se sont impliquées pour faire croître l’organisation dans la région.

« Pour le côté social, c’est number one », affirme Mme Olivier. […] La plupart le disent: “C’est ma deuxième famille”. »

Récemment blessée, Catherine a été écartée du sport pour récupérer, mais elle n’est jamais bien loin. « Le rôle que j’ai d’habitude, c’est de m’occuper des petits nouveaux, de les intégrer et de leur parler s’ils sont stressés ou anxieux », raconte-t-elle.

Olivier Martel n’a pas toujours eu autant de facilité à s’exprimer. « C’est tellement le fun quand on se rassemble et qu’on joue ensemble. Ça m’a amené à beaucoup améliorer ma communication », admet-il.

« Olivier est incroyable! Je l’ai vu à 12 ans, je le vois aujourd’hui. C’est pas le même gars », raconte fièrement M. Gagnon.

Éric Desbiens aux côtés de sa fille, Coralie Desbiens,

Éric Desbiens rapporte que les Olympiques spéciaux Québec sont de plus en plus connus du grand public. (Crédit : Zachary Sanche)

« Ils font du sport avec des personnes qui sont semblables à eux. Ils ne se sentent pas jugés par rapport au sport qu’ils pratiquent. C’est un plus pour eux », souligne Éric Desbiens.

« Wow, papa, c’était tellement beau! », s’exclame Coralie qui écoutait en douce.

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