Les studios à la maison : une solution pour les artistes

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Un studio à domicile

Des studios d’enregistrement peuvent être improvisés dans n’importe quelle pièce de la maison. (Crédit : Philippe Jacques)

Alors qu’autrefois il était nécessaire d’aller dans de grands studios d’enregistrement pour avoir un rendu de qualité, il est désormais possible de faire de la musique avec un ordinateur, un micro et des écouteurs. Les studios à la maison se multiplient, portés par une nouvelle génération d’artistes en quête de liberté créative, d’intimité et d’autonomie. 

Cet essor s’explique de plusieurs façons, notamment par l’accessibilité à du matériel audio qui permet un rendu de qualité. Les instruments et les différents effets sonores peuvent être ajoutés directement dans un logiciel de création musicale.  

Pour les artistes, avoir un studio à domicile regorge d’avantages. À n’importe quel moment, ils peuvent décider de travailler sur une chanson. Berlam, rappeur et chanteur de Montréal, considère que produire sa musique dans le confort de sa maison lui permet un accès plus direct aux émotions qu’il ressent. Il peut donc transmettre ce sentiment brut dans sa musique, ce qui est plus difficile à faire ailleurs. « En studio, […] des fois t’essayes de reproduire quelque chose et t’es jamais satisfait », explique-t-il.  

Un ordinateur portable sur une table

De nos jours, il est possible de faire de la musique avec un ordinateur portable et un logiciel de composition musicale. (Crédit : Philippe Jacques)

Sur le plan financier, il peut également s’agir d’un problème réglé. Il suffit d’investir de l’argent dans le matériel. « Acheter de l’équipement, ça peut te rester à vie, tandis qu’une session au studio, c’est juste quelques heures de ton temps », déclare Berlam.  

Et même si la qualité sonore n’est pas parfaite, comme elle pourrait l’être dans un studio, la qualité de l’œuvre, elle, repose entre les mains de l’artisan et de sa démarche. 

« Si je donnais un milliard de dollars en matériaux et en équipement d’art à n’importe qui, est-ce qu’il serait capable de faire quelque chose de meaningful [significatif] ? Ou est-ce que ce serait l’artiste qui est super créatif et qui part de rien [qui serait meilleur] ? Ça va être celui avec les idées les plus folles et qui part de rien », argue le chanteur Balkirat. Il préconise une démarche artistique dont l’artiste sera heureux du résultat et dans laquelle il ne sera pas forcé de respecter les normes de l’industrie. 

La fin des studios traditionnels?

Les studios de musique conventionnels présentent toutefois certains atouts qui ne sont pas compatibles avec les maisons. Le traitement acoustique d’une pièce, par exemple, n’est pas idéal dans tous les domiciles. La volonté de l’artiste de vouloir faire de la musique tard le soir pourrait déranger les voisins. « J’ai déjà eu une amende pour avoir mis la musique trop forte dans mon appartement… C’est quand même une réalité », avoue Berlam. 

Il reste malgré tout que certaines alternatives aux studios traditionnels sont déjà en émergence. Des espaces partagés et collaboratifs (shared spaces) permettent aux artistes de financer un local et de se partager les dépenses et les profits. À la différence des studios plus classiques, ils ne sont pas détenus par un propriétaire comme un réalisateur, un producteur d’albums ou une maison de disques, mais bien par les artistes eux-mêmes.  

Un artiste travaillant dans un studio

Balkirat travaille au Studio Newma, un de ces espaces partagés et collaboratifs, dans le département de bande originale de film et de travail commercial. (Crédit : Sunthy Williams Prom-Tep)

Néanmoins, Berlam et Balkirat témoignent tous deux du fait qu’il est crucial de changer d’air et de collaborer avec d’autres artistes. Bien qu’il soit possible de se faire une bonne base en se munissant exclusivement d’un studio à domicile, il est impératif d’échanger avec des collaborateurs pour développer son art, croient-ils.

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