Le pourboire : une source de frustration pour certains

783
0
Share:
Machine à pourboire du Subway avec les différentes options

Les lieux de restauration rapide offrent les mêmes options de pourcentage que dans les restaurants traditionnels. (Crédit : Kevin Hamel)

La présence du pourboire dans les lieux de restauration rapide ajoute une dépense aux transactions quotidiennes de la population. C’est une source de mécontentement pour les clients, mais aussi pour certains travailleurs du milieu.

Avant même son arrivée dans les établissements comme Subway ou Starbucks, l’idée de récompenser les travailleurs pour leur bon service était déjà sujet à débat. Ces serveurs, payés moins cher que le salaire minimum, doivent se fier aux invités qu’ils devront servir en espérant que les clients compensent le restant de leur paye. Le salaire minimum au Québec augmentera prochainement à 16,10 $ de l’heure, alors que les serveurs ne toucheront toujours que 12,90 $.

C’est une source de frustration pour les employés, surtout que cette compensation n’est jamais garantie. Ils doivent mériter ce surplus en offrant « le meilleur service possible », explique le serveur de la Casa Grecque, Thomas Cloutier. « Ils doivent faire vivre une expérience unique à la clientèle du restaurant », ajoute-t-il.

Même s’ils offrent la meilleure soirée possible, chaque détail va affecter le pourcentage d’argent reçu. Dans les établissements de restauration rapide, ce genre de service n’est pas requis et les employés sont payés parfois même au-delà du salaire minimum. Pourtant, le système de pourboire est présent là aussi, augmentant la facture des clients.

Plat à pourboire avec de l'argent

Les travailleurs utilisent aussi des contenants pour obtenir du pourboire. (Crédit : Kevin Hamel)

« Le Starbucks, quand ce sont des menus un peu plus préparés et qu’il y a une liste à suivre, c’est moins nécessaire », croit Thomas Cloutier. L’un des problèmes avec le fonctionnement de ces systèmes, selon lui, est que l’affichage des pourcentages de pourboire apparaît durant chaque transaction. Ce qui donne l’impression que ce n’est pas une option, mais bien une obligation pour le client de laisser de l’argent aux employés.

À l’inverse, dans les cantines ou les restaurants traditionnels, la suggestion est présente, mais moins imposée au client. « Je crois que tant qu’ils ne poussent pas trop la demande, c’est correct, mais c’est sûr qu’à mon avis si on compare fast food ou restaurant où tu te fais servir, et que tu as quelqu’un d’assigné à toi pour tout le repas, c’est plus applicable lorsqu’il y a un service », partage-t-il. Ce système commence à prendre place dans plusieurs milieux qui n’offrent pas ce genre de service, ce qui peut rendre les gens réticents à l’idée de récompenser les serveurs.

La salle à manger du Subway

Si les clients ne peuvent pas se permettre de payer le pourboire, les restaurants pourraient potentiellement être affectés. (Crédit : Kevin Hamel)

« C’est une réaction possible, les personnes vont se sentir toujours obligées de donner un pourboire », explique Thomas Cloutier au sujet du manque d’envie de donner du pourboire aux serveurs dans les restaurants. « C’est important pour les serveurs, car notre salaire à taux horaire est plus bas et c’est le pourboire qui fait qu’on est assez payés contrairement à d’autres commerces », renchérit-il.

Il y a des restaurants où les serveurs doivent léguer une portion du pourboire aux travailleurs en cuisine. Lorsque les serveurs reçoivent trop peu de pourboire, ils doivent payer de leur poche pour compenser ce qu’ils doivent aux cuisiniers. Cela diminue encore plus la paye des serveurs, qui est déjà moins haute que le salaire minimum, forçat les clients et les travailleurs à se conformer à ce système. « Si ça devient trop normal partout, il va falloir que les salaires des serveurs soient augmentés d’une façon ou d’une autre pour que ça soit vivable », conclut M. Cloutier.

Share:
Avatar photo